Après un match 4 de référence, les Cavaliers ont de vraies raisons d'y croire

Pendant les 48 minutes du match 4 des Finales, les Cleveland Cavaliers ont prouvé qu'ils avaient la capacité de faire déjouer les Golden State Warriors. En dehors de leurs stars, les champions en titre ont su se reposer sur d'autres éléments salvateurs.

Cleveland a retrouvé un «Big Three»

Le constat était alarmant sur les trois premiers matches de Finales : LeBron James, Kyrie Irving et Kevin Love, les trois stars de l'équipe, n'avaient jusqu'au match 4 des Finales jamais réussi à performer ensemble. Convaincant sur les matches 1 et 2, Love avait été moins bon pour le retour à domicile (9 pts à 1/9). Kyrie Irving avait lui déçu par sa maladresse et son manque d'impact sur les deux premières rencontres.

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James, Irving et Love ont inscrit 94 des 137 points de Cleveland. C'est leur record sur ces play-offs 2017.

Vendredi soir, les trois compères ont alterné les temps forts, avec notamment un premier quart de rêve (49-33, 137-116 score final). Love a parfaitement lancé les siens avec 14 points dans le premier acte, bien aidé par Irving (11 pts). À la baguette ? LeBron James (8 pts, 4 rbds, 6 pds). S'il a été moins en vue sur le restant de la rencontre, Love a tout de même terminé la partie avec 23 points (6 après la pause). Son adresse à trois points (6/8) a été essentielle. Il a été moins sollicité une fois que Kyrie Irving et LeBron James ont décidé de marcher sur la défense de Golden State en inscrivant respectivement 40 et 31 points. En face, le «Big Four» des Warriors n'a pas tenu la comparaison.

Une supériorité physique bien exploitée

Face au talent et à la technique des Warriors, Cleveland a un argument de poids à faire valoir : la valeur athlétique de ses joueurs. Supérieure à celle des «Dubs», elle n'avait pas été suffisamment exploitée jusque-là. Le premier quart temps a permis de se rendre compte que les hommes de Tyronn Lue sont capables de déborder leurs vis-à-vis, de s'approcher du cercle et surtout d'obtenir des fautes.

67,7%
Peut mieux faire : Cleveland n'a inscrit que 21 lancers sur 31 soit 67,7% d'adresse. C'est la quatrième plus faible réussite de la franchise sur ces play-offs, pendant lesquels ils tournent à 77,3% de réussite.

Percutants, les Cavaliers ont obtenu 22 lancers francs dans le seul premier quart (14 inscrits seulement). Un total porté à 26 sur les deux premiers actes. Difficile de croire que les locaux ne se sont ensuite présentés que cinq fois sur la ligne sur les 24 minutes de jeu restantes. Le premier acte a servi de référence : pour tenir bon ou creuser l'écart, Cleveland va se servir de son physique, en attendant de trouver de l'adresse. «Ils ont amené un degré d'impact physique que nous n'avons pas su égaler», a concédé Steve Kerr après la rencontre.

Tristan Thompson, le réveil

Dans l'ombre de ses trois leaders, Tristan Thompson est investi d'une mission parfois frustrante : dominer dans la raquette, non pas pour peser au scoring, mais pour gratter des rebonds, se montrer en défense et fixer pour soulager ses partenaires. Un rôle ingrat qu'il a eu du mal à assumer depuis le début des Finales : 8 points, tous marqués lors du match 2, et un manque d'impact flagrant près du panier.

11
Sur ses trois matches précédents, Tristan Thompson n'avait pris que 11 rebonds, dont 6 offensifs.

Lors du match 4, le pivot a justifié l'entière confiance placée en lui par son entraîneur, et ses coéquipiers. Ses statistiques sont presque trompeuses (5 pts, 10 rbds, 5 pds). Il a joué un immense rôle dans le premier quart en allant chercher des rebonds offensifs (3 sur ses 4). Il a barré la route aux Warriors, qui n'ont pas réussi à pénétrer proprement. Surtout, il a su distribuer d'excellents ballons. Quatre de ses cinq passes décisives ont débouché sur un panier à trois points des Cavs.

Une défense cohérente

À l'exception de quelques oublis, le champion en titre a réussi à appliquer son plan de jeu défensif tout au long du match 4. Stephen Curry en a été la première victime. Le meneur des Warriors a rarement été libre de tout marquage, et même lorsqu'il a réussi à se libérer pour tirer, la réussite n'a pas été au rendez-vous (14 pts à 4/13, 2/9 à trois points). Il lui a fallu se contenter de distribuer (10 passes décisives), ce que Cleveland était prêt à accepter en contrepartie.

Même Kevin Durant n'a pas eu son rayonnement habituel (35 pts à 9/22). Lui aussi maladroit de loin, il a réussi à tenir tête à ses adversaires en récoltant de nombreuses fautes (15/16 aux lancers). Mais l'ailier a semblé coupé de ses partenaires. Surtout, il a été coupé des autres aspects du jeu, ne pesant pas au rebond (4 prises contre 10 en moyenne sur les trois premiers matches).

Une adresse salvatrice

Après avoir été longtemps un sport de grands, le basket est devenu un sport d'adresse. Les Cavaliers se sont emparés de cet adage quelques années après les Golden State Warriors mais ils ont construit leur identité offensive avec la volonté de pouvoir marquer de partout. Ça a été le cas vendredi à la Quicken Loans Arena, qui a assisté avec grand plaisir au festival de paniers à trois points réussi par Cleveland (24/45, 53,3%).

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Sur les trois premiers matches des Finales, Cleveland n'avait inscrit que 31 tirs primés au total.
Sans forcément parvenir à s'approcher du cercle (36 points dans la raquette), Irving et consorts ont également réussi à marquer quelques tirs précieux à mi-distance. Des paniers bienvenus pour rapprocher le jeu du panier et justement ouvrir plus d'espaces à trois points. Les 24 tirs primés inscrits lors du match 4 constituent un record au stade des Finales. Preuve qu'à leur meilleur niveau, les Cavaliers sont capables de marquer les esprits, et d'éclipser une équipe qui aurait pu être érigée au rang de meilleure formation de tous les temps en play-offs si elle avait gagné.

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