La Turquie rêve d'un premier sacre en Euroleague

La finale de l'Euroligue (dimanche, 20 heures, beIN Sport) semble promise à Fenerbahçe, qui brigue à domicile le premier sacre d'un club turc dans l'épreuve-reine. Mais attention à Olympiakos et son braqueur en chef Vassilis Spanoulis...

LE CHIFFRE : 1

La Turquie, malgré des investissements par dizaines de millions d'euros dans le domaine sportif, et notamment en basket-ball (quatre clubs d'Istanbul faisaient partie du plateau très sélectif de la nouvelle Euroligue à seize, cette saison), court toujours désespérément après le premier titre de son histoire dans la compétition reine. Est-ce pour dimanche soir? Même Jordi Bertomeu, patron de l'épreuve, admettait jeudi : «Tout semble réuni pour que ce soit enfin l'année d'Istanbul. Il reste à le faire...» Avant la triple participation des jaune et noir au Final Four (2015, 2016, 2017), il fallait remonter quatorze ans en arrière pour retrouver trace d'un club turc dans le dernier carré européen. Fenerbahçe s'est donné les moyens, financièrement et sportivement, de briser la malédiction. Malgré une saison contrastée à cause des blessures, finie à la cinquième place de la saison régulière (18 victoires-12 défaites), les Turcs de Zeljko Obradovic, le manitou serbe à la recherche de son neuvième sacre personnel (un record bien sûr), n'ont fait qu'une bouchée en quarts de finale du Panathinaïkos, surclassé deux fois dans sa salle, puis à Istanbul. Fenerbahçe est dans la meilleure forme de sa saison, et soutenu par une horde de 14 000 furieux, difficile d'entrevoir le scénario qui pourrait l'empêcher d'enfin s'emparer du trône.

LE MATCH

Entre deux équipes spécialistes pour faire dérailler l'adversaire par leur défense et leur pression athlétique (les deux équipes n'encaissent qu'à peine plus de 73 points en moyenne, ce qui en fait deux des trois meilleures défenses), il faut s'attendre à une guerre des tranchées, où les possessions iront jusqu'au bout et pas un panier facile ne sera autorisé. Qui sera capable de débloquer le verrou ? Les exploits individuels de Bogdan Bogdanovic et de l'intérieur Ekpe Udoh (auteur d'un presque triple-double vendredi, 18 pts, 12 rebonds, 8 passes) côté turc, l'expérience des Spanoulis, Printezis, Sloukas et Antic, tous titrés ensemble en 2012 et 2013 avec Olympiakos, dicteront l'issue du match. En saison régulière, les deux formations ont chacune remporté leur rencontre à domicile.

LE DUEL

Ils vont souvent se retrouver face à face. D'un côté, le roublard Vassilis Spanoulis (34 ans), l'emblématique meneur, dépositaire du jeu à la grecque, triple champion d'Europe (2009 avec le Panathinaïkos, 2012, 2013 avec Olympiakos), habitué des grands moments, et des exploits dans les matches décisifs. «Kill Bill» avait frappé en 2012 et 2015 notamment. Et il a remis ça vendredi en demi-finales contre le CSKA Moscou (victoire 82-78). Trois quarts-temps quelconques -pas un panier marqué- avant d'enchaîner les exploits et d'arracher la décision dans les dernières minutes. En face, l'impétuosité et le talent pur de l'arrière serbe Bogdan Bogdanovic (1,97 m, 25 ans), promis à la NBA. Absent une grosse partie de la saison sur blessure, il a depuis retrouvé ses cannes de feu et l'a fait voir au Panathinaïkos en quarts de finale. Lors des deux premiers matches à Athènes, Bogdanovic a fini à 35 d'évaluation, avec 23 puis 25 points au compteur. L'an passé, il était passé à côté de sa finale (6 pts, 0/6 à 3 pts), perdue contre le CSKA Moscou (96-101). Il aura à cœur de se rattraper ce soir.

LA DECLA : ZELJKO OBRADOVIC (entraîneur Fenerbahçe)

«Je suis fier de mes joueurs, ils sont concentrés et heureux. Ils ont montré tout ce qu'ils avaient à l'intérieur pour dominer le Real Madrid en demi-finales (84-75). C'est spécial de se retrouver à Istanbul dans ce contexte, surtout avec tous nos supporters, pour une finale, mais notre travail est d'aborder ce match exactement comme les autres. C'est amusant de les entendre se présenter comme les outsiders, mais je connais et respecte trop Olympiakos pour croire que l'on a gagné d'avance. Je les ai affrontés un nombre incalculable de fois pendant mes années au Panathinaïkos. Et leur caractéristique première est qu'ils sont toujours là. Ils savent comment gagner, comment jouer ces matches si particuliers. Je m'attends à une finale extrêmement compliquée.»

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