L'analyse de la finale de Conférence Est et de la lotterie NBA

On a eu droit à un peu de tout lors du deuxième tour des séries de la NBA. Deux sérieux aspirants au titre qui n’avaient aucunement l’intention de perdre leur temps. Plusieurs matchs à sens unique parsemés de quelques rencontres (surtout Wizards c. Celtics) qui ont surpassé les attentes. Des superstars qui auront repoussé les limites imaginables (les 53 points d’Isaiah Thomas au match no 2). Et d’autres piliers qui auront essentiellement saboté leur saison tout entière alors qu’on pouvait s’attendre à leur meilleure performance de l’année. J’ai nommé ici James Harden lors du 6e match contre les Spurs de San Antonio. Si quelqu’un a une bonne explication pour son effondrement à Houston il y a six jours, svp m’envoyer un courriel détaillé. Après avoir anéanti San Antonio lors du premier match, tout en bénéficiant des blessures à Tony Parker et Kawhi Leonard, les Rockets de Houston ont ainsi perdu quatre des cinq prochains duels avant de s’avouer vaincus. Je m’en gratte encore la tête…

En ce mercredi matin, on se retrouve donc dans une position un peu particulière. La finale de l’Est débutera ce soir à Boston alors que celle dans l’Ouest a déjà deux rencontres de complétées. De plus, la loterie annuelle a eu lieu hier, nous permettant maintenant de bénéficier d’un portrait plus clair en vue du repêchage qui se déroulera le 22 juin à Brooklyn. Un encan amateur bourré de talent et crucial pour la suite des choses dans plusieurs villes du circuit Silver.

Voici donc un survol sur trois fronts :

Celtics de Boston (no 1) c. Cavaliers de Cleveland (no 2)

Comment ne pas apprécier le parcours des Celtics dans son ensemble cette saison? Contre toutes attentes, ils dépassent Cleveland au sprint final et terminent au premier rang en saison régulière dans l’Est. Déjà un petit exploit en soi. Ils perdent ensuite les deux premiers duels face aux Bulls de Chicago au premier tour, avant de remporter les quatre suivants. Minuit n’avait donc pas encore sonné pour Cendrillon. Puis au deuxième tour, confronté à l’exceptionnel duo des Wizards composé de John Wall de Bradley Beal, on les croyait potentiellement moins talentueux et pas tout à fait à la hauteur. Mais leur structure, intensité et acharnement, aura suffi lors d’une série qui se sera rendue à la limite. Sur papier, rien ne laisse vraiment présager ce brio répété. Leur entraîneur-chef de 40 ans, déjà un des meilleurs du circuit, ressemble davantage à un gentil comptable de 32 ans avec qui on voudrait devenir ami. Leur meilleur (et plus important) joueur est un garde de 5 pieds 9 pouces qui a été échangé deux fois avant l’âge de 26 ans. Un seul membre de leur noyau (Al Horford) a atteint la trentaine. Et leur expérience collective en séries doit être considérée, disons, limitée. Et pourtant, la chimie opère à plein régime présentement à Boston.

Sans oublier que la loterie de mardi aura offert encore plus de renfort potentiel à l’organisation (voir plus bas). Bref, les hommes en vert seront gonflés à bloc et n’auront absolument rien à perdre face à la machine de Cleveland à compter de ce soir. Personne ne croit en leurs chances et leur saison sera une réussite sur toute la ligne, même s’ils s’avouaient vaincus par balayage. Ils joueront essentiellement au Black Jack avec l’argent du casino pendant la prochaine semaine ou deux.

Aurons-nous droit à un balayage justement? Je n’y crois pas, car les Cavs affichent quand même quelques faiblesses ici et là (surtout en défense). Mais je n’entrevois pas vraiment de scénario permettant à Boston de nous priver de la grande finale attendue depuis des mois. Commençons par le facteur « fraicheur ». Cleveland a d’abord balayé les Pacers de l’Indiana avant de bénéficier de huit jours de congé. Deuxième coup de balai aux dépens des Raptors de Toronto, suivi de neuf jours de repos. Ils ont donc foulé le terrain à huit reprises depuis 31 jours! C’est cinq fois de moins que Boston durant la même période. Sur un match, cet avantage est négligeable. Mais sur l’ensemble d’une série, ça va finir par se manifester.

Kyrie Irving sera confronté à quelques opposants tenaces en Avery Bradley et Marcus Smart au courant de cette série. Mais j’arrive difficilement à imaginer qui sera en mesure de ralentir LeBron du côté des Celtics. Jae Crowder possède le physique, mais pas la mobilité requise. Et Smart aurait la mobilité demandée, mais il lui manque 4 pouces et 35 livres. Allez regarder les statistiques du King lors des quatre chocs contre Boston en saison régulière. Il a été impérial. En fait, à sa 14e saison chez les pros, devinez contre quel club James affiche sa meilleure moyenne de points par match en carrière? Boston, bien évidemment. Le roi de l’Ohio participera à sa septième finale de l’Est d’affilée. Il sait exactement à quoi s’en tenir. Il sera reposé et dévastateur.

Les prouesses héroïques répétées d’Isaiah Thomas, leur étanchéité collective en défense, leur entraîneur-chef supérieur à son opposant, leur brio fréquent du périmètre, leur désir de vaincre. Voilà pourquoi je vais prédire deux victoires des Celtics à l’arraché dans cette finale d’Association. Mais je ne peux pas en imaginer davantage.

PRÉDICTION : Cleveland en 6.

No 1 Warriors vs No 2 Spurs

Alors, vous faîtes partie de ceux qui croient que Zaza Pachulia a fait exprès de placer sa jambe sous les pieds de Kawhi Leonard lors du troisième quart du premier acte de cette série Warriors de Golden State contre les Spurs de San Antonio?

Ou bien adhérez vous à la théorie que le grand Zaza n’a pas la fibre d’un joueur salaud? Ne demandez pas à Gregg Popovich ce qu’il en pense. Son opinion sur le sujet est plutôt virulente et catégorique, bien que fortement biaisée à l’endroit de son joueur vedette. J’ai personnellement de la difficulté à croire que c’était un acte purement volontaire. Mais l’Amérique au grand complet savait que la cheville de Leonard était fragile. Difficile de penser que les Warriors ne voulaient pas, au minimum, « tester » sa solidité. Consciemment ou inconsciemment.

Bref, on peut certainement comprendre la frustration de monsieur Popovich. Ses Spurs menaient par 21 points avec 20 minutes à jouer lors du match no 1 et la blessure à son talisman aura littéralement tout changé. Golden State terminera le match sur une séquence de 58 à 35, concrétisant une des plus grosses remontées en séries depuis environ 15 ans. « Pop » a parlé d’une opportunité gaspillée après la rencontre et il avait 100 % raison. Malgré la foulure, San Antonio avait une avance suffisante pour s’en tirer avec une victoire serrée. Leonard aurait ensuite bénéficié de six jours de repos avant le troisième match. En rentrant au Texas avec une série probablement égale 1-1, et Kawhi possiblement en état fonctionnel, les paris auraient été un peu plus ouverts pour la suite des choses.

Spéculons tant qu’on voudra, c’est maintenant 2-0 en faveur des Warriors et on sent que ces derniers retrouvent peu à peu leur erre d’aller après le repos. Le joueur en pleine possession de ses moyens, dont on ne semble pas parler suffisamment, c’est Steph Curry. Un vrai chef d’orchestre au sommet de son art. On parle ici d’une série très semblable à celle entre Cleveland et Boston en matière de fraicheur. Golden State a également joué huit matchs en un mois avant d’entamer les hostilités contre les Spurs. San Antonio avait amassé quatre rencontres, et deux joueurs clés amochés, de plus durant la même période.

Je vais tenir pour acquis que Leonard reviendra lors du troisième match et restera (relativement) en santé. Et que la version productive de LaMarcus Aldridge sera au rendez-vous, après quatre ou cinq soirées plutôt laborieuses jusqu’à présent en séries. Tout ceci m’incite donc à octroyer un petit match aux vaillants Texans. Encore une fois, c’est le mieux que je peux donner et imaginer.

PRÉDICTION : Golden State en 5.

Si vous appréciez autant que moi le ping-pong sous toutes ses formes, vous étiez fixé à votre écran mardi soir pour la loterie de la NBA. J’avoue que l’aspect télévisuel de la chose… Quatorze hommes en complet assis dans une pièce attendant d’apprendre si la balle avec le logo de leur équipe avait été pigée n’était peut-être pas si percutant en surface. Mais la soirée allait avoir des répercussions majeures sur quelques organisations pour des années à venir.

Roulement de tambour… Les deux grands gagnants de la soirée sont :

*Celtics de Boston : quelle semaine de rêve pour l’organisation et ses fans! Une victoire au deuxième tour, une première présence en finale d’Association depuis 2012 et maintenant, le tout premier choix au repêchage 2017. C’est la première fois qu’une équipe bénéficie d’un tel rang de sélection après avoir terminé la saison au 1er rang depuis les Lakers de Los Angeles de 1982.

Comment ont-ils obtenu ce choix?

En raison d’un des plus grands vols de l’histoire de la ligue. Le 28 juin 2013, les Nets de Brooklyn, armés d’un nouveau propriétaire milliardaire russe assoiffé de succès instantané, allaient « all in » en faisant l’acquisition de Kevin Garnett, Paul Pierce et Jason Terry des Celtics. En retour, ils avaient accepté de se débarrasser d’un énorme morceau de leur avenir. En plus de cinq joueurs relativement insignifiants, Boston obtenait trois futurs choix de première ronde des Nets (2014, 2016 et 2018). Mais ce n’était pas tout. La transaction contenait un petit ajout relativement mineur qui n’a été dévoilé que quelques jours plus tard. Les Celtics auraient aussi l’option d’échanger leur choix de première ronde en 2017 contre celui des Nets si ce scénario les avantageait. On n’y pensait pas trop à l’époque, croyant que les Nets seraient meilleurs que Boston quatre ans plus tard.

Faisons maintenant un petit saut dans le temps.

Brooklyn a rapidement sombré vers les bas fonds de la ligue alors que Boston aura remis le bateau à flot plus vite que prévu. Et cette petite clause permettant d’inverser les choix en 2017 relève maintenant de la folie ou du génie, dépendamment de votre point de vue.

Les Celtics auront donc quelques options s’offrant à eux, dont voici les deux plus probables :

1) Ils gardent le choix et repêchent probablement Markelle Fultz de l’Université Washington. Il peut évoluer comme meneur de jeu ou « shooting guard » et semble avoir tous les prérequis voulus pour exceller dans la ligue pendant des années.

2) Ils utilisent ce choix pour tenter d’obtenir une vedette établie comme Paul George, visant ainsi les hauts sommets de la ligue dès la saison prochaine. 

Comme j’ai hâte de voir quel chemin ils choisiront.

*Lakers de Los Angeles : ils jouaient gros, très gros à L.A. mardi soir. Présentant une fiche de 91 victoires et 237 défaites depuis quatre ans, la bande à Magic Johnson traverse actuellement (et de loin) la pire disette de son illustre histoire. Ils ont assurément besoin de rajouter un ou deux autres joueurs vedettes pour accélérer leur renaissance. Le problème était simple : si leur balle de ping-pong sortait pour le top-3, ils préservaient leur choix. Si le choix sortait du top-3, ils étaient forcés de l’envoyer aux Sixers de Philadelphie. C’était essentiellement un cas de pile ou face et le sort a été tendre à leur égard en terminant deuxièmes.

Ils devraient pouvoir jeter leur dévolu sur l’électrisant meneur de jeu de UCLA, Lonzo Ball. Le jeune homme est un produit local de la métropole californienne, qui a tous les atouts pour ramener « Showtime » à Hollywood. En théorie, il s’agit d’un « fit » parfait. Mais attention à son papa, LaVar. Il prend beaucoup (déjà trop) de place dans les médias et semble avoir un plan très défini pour la carrière de son fils. Fiston n’a pas encore signé de contrat professionnel qu’il a déjà sa chaussure signature, taillée sur mesure, que papa a décidé de faire produire lui-même et vendre à 495 $ la paire! Sans compter les déclarations ridicules qu’il fait toutes les semaines.

Je serais peut-être réticent d’amener tout ce bagage dans mon organisation si j’étais Magic. Mais le talent brut du jeune homme fera probablement foi de tout au final.

En vous souhaitant d’excellentes finales d’Association, on se reparlera à l’aube de la grande finale qui débutera le 1er juin!

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