LeBron James et Isaiah Thomas

LeBron James et Isaiah Thomas

Alors, que se passe-t-il de bon, ou de moins bon, au sommet de l’Association Est dans la NBA depuis notre dernier tour d’horizon? Beaucoup de choses en fait!

Les assidus de mes articles se rappelleront que lors de ma chronique du 14 décembre dernier, je faisais état d’une ligue un peu trop prévisible à mon goût. Que les puissances établies dans l’Est et dans l’Ouest ne seraient probablement pas inquiétées et se préparaient déjà tranquillement pour les séries.


C’est donc avec grand étonnement, et beaucoup de bonheur, que j’admets m’être gouré dans mon analyse. Tout n’est finalement pas si rose pour les no 1 et no 2 dans l’Est depuis l’arrivée du Nouvel An.

Cavaliers de Cleveland

Fiche au 1er janvier : 25-7 (1er rang dans l’Est – 3 matchs devant Toronto au 2e rang)

Fiche depuis ce temps : 10-8 (1er rang dans l’Est – 2,5 matchs devant Boston au 2e rang)

On peut parler d’un début de 2017 plutôt catastrophique, rien de moins, pour les champions en titre. En fait, la fiche de 7-8 de Cleveland en janvier mettait fin à une séquence exceptionnelle pour LeBron. C’était la première fois depuis plus de 10 ans (2006) que l’équipe pour laquelle il jouait vivait un mois sous la barre de ,500! Des défaites à Golden State et contre les Spurs, en prolongation, ça se digère assez bien. Mais des échecs contre les Pelicans, les Kings et les Mavericks, tous parmi les 10 pires clubs du circuit, ça s’explique un peu moins aisément.

Et qui dit défaites répétées à Cleveland dit assurément discorde, quand on se rappelle à quel point les attentes sont excessivement élevées à nouveau cette saison. Et quand on sait à quel point LeBron en mène large en Ohio. Le « King » n’a pas tardé à demander du renfort. À faire état d’un manque de soutien autour de lui, d’une absence de joueurs capables de déstabiliser les défensives adverses dans le but d’ouvrir des brèches aux autres. Ce n’est pas comme si l’état-major des Cavs se la coulait douce entre temps. L’acquisition d’un des meilleurs francs-tireurs du circuit, Kyle Korver, contre une bouchée de pain il y a un mois nous l’a rappelé instantanément. Mais ce n’était pas suffisant aux yeux de James. Un spécialiste de trois points, c’est bien beau. Mais ça nous prend encore un garde explosif.

Ce fut ensuite au tour du coloré Charles Barkley, analyste au réseau américain TNT, d’en rajouter en disant que LeBron devait cesser de se plaindre du manque de soutien et se concentrer simplement à jouer au basket. Qu’il avait déjà réussi à convaincre le propriétaire des Cavs à déployer la plus grosse masse salariale de toute la ligue, une des plus imposantes de l’histoire de la NBA, en acquiesçant à toutes les demandes du King, et que ça devrait suffire. Des propos que LeBron n’a vraiment pas digérés.

Mon avis? Barkley a 100 % raison. LeBron a tout ce qu’il faut autour de lui pour avoir du succès et retourner en finale cette saison. Les Cavs ont deux autres vedettes au grand talent (Irving et Love) avec qui partager le fardeau offensif. Ils ont des joueurs de soutien à l’aise dans leurs rôles (Thompson et Jefferson), des spécialistes défensifs (Shumpert), des francs-tireurs (Korver et Frye) et une tonne d’expérience en séries.

LeBron aura même réussi à garder son ami JR Smith autour de lui cet été en forçant un peu la main du propriétaire des Cavs quant à un renouvellement de contrat peu enviable :  57 millions sur 4 saisons pour un énigmatique garde dans la trentaine? Surtout quand on constate les importantes taxes subséquentes occasionnées par ce contrat? Tout ça pour garder le King souriant et heureux. Dans cette lignée, les rumeurs demeurent persistantes à l’effet que les Knicks seraient fins prêts à envoyer Carmelo à Cleveland pour rejoindre son bon ami. Mais en retour, ils insistent pour obtenir les services de Kevin Love. Entre vous et moi, ce serait probablement une mauvaise idée de la part des Cavaliers. Love est quatre ans plus jeune et joue à une position bien plus complémentaire aux talents de James que le ferait Anthony. Mais semble-t-il que LeBron serait très intrigué par ce scénario et le souffle sans hésitation à l’oreille du directeur général.

Finiront-ils quand même premiers dans l’Est malgré les embûches? Oui, probablement.

LeBron demeure excessivement dominant sur le terrain malgré sa mine boudeuse des dernières semaines. Mais les Cavaliers ont-ils quelques sources d’inquiétudes à régler entre temps? Définitivement. Seulement un joueur (Kyle Lowry) a passé plus de temps sur le terrain cette saison que James. C’est beaucoup trop pour un bonhomme de 32 ans qui a déjà plus de 1200 matchs dans les jambes. Et moi qui croyais que le but était d’arriver en séries avec un esprit sain dans un corps sain.

Aussi, les réservistes doivent absolument en donner plus, comme en fait foi l’exemple de lundi soir à Washington; 116 points du cinq partant, et 24 du banc. Un déséquilibre inquiétant, surtout quand on se rapelle que Kevin Love n’est pas un homme de fer et que sa santé le force à rater des matchs avec une trop grande fréquence. Et je ne détesterais pas non plus que Kyrie Irving fasse monter sa moyenne d’aides par match; 5,9 par rencontre, ça le place au 21e rang du circuit. Le meneur de jeu d’un aspirant au titre doit trouver le moyen d’impliquer davantage ses coéquipiers.

Raptors de TorontoFiche au 1er janvier : 22-10 (2e rang dans l’Est)Fiche depuis ce temps : 10-11 (maintenant 3e dans l’Est – 2 matchs derrière les Celtics).

Dans le cas des Raptors, le récit expliquant les insuccès des six dernières semaines est un peu plus simple qu’à Cleveland. Du moins, au premier regard. DeMar DeRozan s’est blessé à la cheville en janvier, et on s’est immédiatement rendu compte à quel point sa présence est essentielle aux succès des Torontois. Lorsqu’il n’y est pas, l’équilibre collectif n’est tout simplement plus au rendez-vous.On doit se fier sur Kyle Lowry pour devenir le meilleur marqueur, alors qu’il est bien mieux placé pour exceller comme source offensive complémentaire à DeRozan. On ne sait plus trop sur qui se rabattre pour appuyer Lowry en pareille circonstance. On peut aussi accorder plus d’attention défensivement sur Valanciunas qu’en temps normal, ce qui limite son apport. Terrence Ross aurait le talent pour en prendre davantage sur ses épaules, mais n’est pas suffisamment constant. Alors que Demarre Carroll, Cory Joseph et Norman Powell sont hors de leur zone de confort quand on les force à prendre une quinzaine de tirs par rencontre.

Bref, quand DeRozan va tout va. Il est revenu à ses vieilles habitudes lundi soir lors du triomphe face aux Clippers en marquant plus de 30 points pour la première fois en trois semaines. Les partisans des Raptors ont enfin pu reprendre leur souffle.

Si vous êtes à votre affaire, vous aurez toutefois constaté que 7 des 11 défaites depuis le 1er janvier auront été enregistrées AVEC DeRozan en uniforme. Qu’est-ce que ça nous dit? Que le constat de début de saison au sujet de « We the North » est encore valide. Les Raptors sont talentueux, disciplinés et expérimentés. Ils finiront dans le top-4 et devraient remporter leur série de premier tour. Mais ça pourrait se gâter par la suite et je ne crois pas qu’ils soient suffisamment armés dans leur configuration actuelle pour aspirer aux grands honneurs.

Ils jouent pour ,500 (fiche de 13-13) cette saison face aux équipes qui sont présentement qualifiées pour les séries d’après-saison. Ils avaient apparemment une certaine opportunité (il y a environ un mois) de soutirer Paul Millsap aux Hawks d’Atlanta et ils auraient du tout tenter pour y arriver. Ne sachant pas exactement ce que les Hawks exigeaient en retour (Millsap sera bientôt joueur autonome et il faut prendre ce facteur en considération), il s’agirait du profil idéal à insérer aux côtés de DeRozan, Lowry et JV afin d’embêter sérieusement les Cavaliers en séries.Pour tous les partisans des Canadiens qui souhaitent que Marc Bergevin soit audacieux à la date limite à Montréal, il y en a autant qui souhaitent la même attitude du DG des Raptors, Masai Ujiri, en marge de la date limite des transactions du 23 février.

Ailleurs dans la NBA

- Les Celtics de Boston sont en feu. Sept victoires de suite et 16 gains en 21 matchs depuis Noël. La raison principale : Isaiah Thomas. Du haut de ses 5 pieds 9 pouces, le bonhomme est une machine à marquer des points. Trente points par rencontre, rien de moins, en 2016-2017. Seul Russell Westbrook le devance à ce chapitre. Mais soulignons aussi le brio de leur entraîneur-chef Brad Stevens. Celui qui aura d’abord fait sa renommée dans la NCAA à l’université Butler, de 2007 à 2013, est officiellement en tête de liste des meilleurs jeunes coachs du circuit Silver. Et dire que les Celtics bénéficieront en plus d’un choix top-5 lors du prochain repêchage amateur. Potentiellement le tout premier choix. Wow! Mais ça, j’y reviendrai dans quelques lignes.

- Encore plus en feu que les Celtics? Le Heat de Miami. Oui, j’ai bien dit le Heat de Miami! Avec leur fiche de 11 victoires et 30 défaites en date du 17 janvier, ils se dirigeaient tout droit vers la loterie. Depuis ce temps, ils ne totalisent rien de moins que onze victoires d’affilée, incluant des gains contre les Rockets, les Bulls et (surtout) les Warriors. Hassan Whiteside est soudainement le joueur de centre le plus dominant de la ligue, totalisant 14 rebonds par rencontre (sommet du circuit). Décidément, sa saison de rêve en 2015-2016 ne constituait pas un feu de paille. Goran Dragic connaît aussi ses meilleurs moments dans les rangs professionnels en tant que meneur de jeu. Et Dion Waiters, écarté par le Thunder en juillet dernier, est un nouvel homme. Chapeau à Erik Spoelstra et son personnel! Voici l’équipe que les Cavs, les Celtics ou les Raptors voudront à tout prix éviter en première ronde des séries.

- Avec une seule maigre victoire à leurs 21 derniers matchs, les Nets de Brooklyn sont tout simplementpitoyables. La pire équipe de la ligue, et de loin. Voilà, c’est dit. Et comble de malheur, en raison d’une horrible transaction en 2013, les Nets devront échanger leur choix de première ronde en 2017 avec celui des Celtics. Tout en leur donnant leur choix de première ronde en 2018. Ouch. De quoi demeurer dans la cave pour plusieurs années. Mais cette transaction catastrophique, j’en parlerai davantage dans un futur article.

 On se retrouve la semaine prochaine pour une rétrospective historique du fameux concours de dunks de la NBA. En texte, mais surtout en images!

Retour à l'accueil