New York s'enfonce contre les Pelicans

Derrick Rose absent non excusé, Carmelo Anthony exclu, New Orleans vainqueur facile au « Garden », les New York Knicks sont en train de voir la saison leur échapper.

Le Madison Square Garden, l'arène la plus célèbre du monde selon le fameux slogan, a sans doute connu, lundi, une soirée basket parmi les plus bizarres depuis son ouverture (en 1968), à l'occasion du match entre les New York Knicks et les New Orleans Pelicans. Passe encore si l'absence surprise de Derrick Rose avait été le seul fait marquant pour la franchise présidée par Phil Jackson... Vous pensiez que les Knicks avaient changé après avoir remporté seize de leurs vingt-neuf premiers matches ? Leur huitième défaite (110-96) en neuf rencontres, truffée d'erreurs à se taper la paume de la main sur le front, tend à prouver le contraire.

Rien ne va plus dans le jeu tout d'abord. La défense est aux abonnées absentes. Face aux Pelicans, les Knicks ont encaissé plus de 100 points pour la neuvième fois de suite. «On doit trouver des moyens de défendre. On va devoir s'entraîner, arriver avec un état d'esprit ouvert et bosser», a soufflé un Joakim Noah marqué après la partie. «Il faut qu'on retrouve l'effort qu'on a produit à Milwaukee», a timidement essayé d'encourager l'entraîneur, Jeff Hornacek. L'attaque paraît, elle aussi, en pleine déliquescence avec un Carmelo Anthony qui joue de plus en plus en isolation et multiplie les tirs difficiles sans succès durable.

Du coup, l'écart au score est grimpé jusqu'à 29 points dans un Madison Square Garden qui s'est mis à huer ses joueurs comme aux pires prestations des trois dernières saisons. Le seul moment de joie pour les 19 000 fans ? L'apparition sur les écrans géants de l'acteur Norman Reedus, célèbre son rôle dans la série The Walking Dead. Depuis le tout premier rang, celui qui incarne Daryl Nixon, a pu assister de près à l'exclusion de Carmelo Anthony. Une déception de plus au cours de cette soirée cauchemar.

La star des Knicks a été « éjectée » du match lors d'un temps-mort en cours de troisième période pour avoir trop longtemps « discuté » avec un arbitre de décisions qui ne lui avaient pas plu. Les deux fautes techniques coup sur coup l'ont renvoyé au vestiaire prématurément dans un Madison Square Garden qui a commencé à se vider peu après. La star des Knicks pouvait bien râler, les dix-neuf points d'écart à ce moment-là (82-63) n'étaient certainement pas dus à quelques coups de sifflet mal avisés.

«On s'est éparpillés et on s'est fait botter le cul»

Pour bien renforcer l'impression que le groupe des Knicks est désormais incontrôlable, deux minutes plus tard, Kyle O'Quinn a été exclu à son tour pour une vilaine faute qui a envoyé Anthony Davis (40 points lundi) valdinguer jusqu'au deuxième rang derrière le panneau. «Tout le monde est frustré de se faire battre à domicile comme ça. On s'est éparpillés et on s'est fait botter le cul», a reconnu Noah. «On traverse une passe difficile, a repris Kristaps Porzingis limité à neuf points (3 sur 13 au tir). Notre état d'esprit, c'est à la vie à la mort pour chaque match. On essaie de tout donner et de jouer de la bonne façon. C'est ce qui est le plus frustrant dans tout ça. Mais on ne peut pas abandonner.»

Ce discours de vrai leader de vestiaire, les fans des Knicks auraient sans doute aimé l'entendre dans la bouche de leur star, Carmelo Anthony. Mais ce dernier avait déjà bien rangé son casier et s'était éclipsé lorsque le vestiaire a été ouvert aux médias après la partie. La sensation de malaise n'aurait pas pu être plus forte au cours de la soirée. Car, même s'il reste encore quarante-quatre matches à jouer et qu'ils n'ont que deux victoires de retard sur le dernier qualifié, les Knicks ont donné l'impression de dire adieu à toute chance de connaître une saison couronnée de succès lors du fiasco de lundi soir.

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