Michael Eric souhaite intégrer l'effectif des D'Tigers du Nigéria

BILBAO (FIBA AfroBasket 2017) - Le Nigeria regorge en ce moment de joueurs talentueux, à tel point qu'il y a partout à travers le monde des candidats qui peuvent sérieusement prétendre à une place en équipe nationale.

Rendez-vous par exemple au Pays basque, au nord de l'Espagne, et vous y trouverez l'un d'entre eux, un imposant intérieur qui est en train de se faire un nom en Liga Endesa. Son nom : Michael Eric. Adolescent, Eric a quitté Lagos, et le basket organisé lui était complètement inconnu. Aujourd'hui, il évolue dans l'une des meilleures ligues du monde.

Réputé pour ses aptitudes au contre, au rebond et pour sa combativité de tous les instants, ce joueur de 28 ans connaît tout du meilleur joueur nigérian de tous les temps, Hakeem Olajuwon. Et pas seulement les prouesses du 'Dream' sur les terrains de basket, mais aussi celles sur les terrains de foot. Eric s'est entretenu avec FIBA.com.

 Y-a-t'il des chances de vous voir évoluer en équipe nationale du Nigeria ? Y avez-vous songé ?
Michael Eric : Oui, j'y ai pensé plusieurs fois, c'est juste une question de timing, celui d'avoir un contrat, d'avoir le temps de me reposer après une éprouvante saison. L'expérience de l'année dernière a aussi été pénible pour moi, mais je l'ai toujours considéré.

 Est-ce que le coach national Will Voigt vous a contacté à ce sujet ?
Michael Eric : Oui, il y a deux ans. Mais lorsque j'ai à mon tour pris contact avec lui l'an passé, il m'a dit qu'il avait déjà constitué son équipe et qu'il fallait que je profite de l'été pour récupérer de ma longue saison, entre la D-League aux USA et l'AEK en Grèce.

Cela sera sûrement délicat d'amener des changements dans l'effectif qui a finalement remporté l'AfroBasket. Mais êtes-vous prêt malgré tout à vous mettre à sa disposition l'été prochain ?
Michael Eric : Tout est ouvert. C'est pour moi toujours une grande fierté de représenter mon pays, où que je sois. Je viens du Nigeria, j'y suis né et j'y ai grandi, donc je serais fier de le faire. Si l'opportunité se présente et qu'elle m'apparaît bonne, je la saisirai.


 Qu'avez-vous pensé des prestations des D'Tigers aux JO ? Cela vous a-t-il aussi rendu fier ?
Michael Eric : Oui, avant l'arrivée de coach Will, j'ai côtoyé pas mal des joueurs en camp de préparation. Je me souviens avoir eu envie de devenir un jour un olympien.

Vous êtes issu du même pays que l'un des plus grands joueurs de basket de tous les temps, Hakeem Olajuwon. Est-il un modèle pour vous ?
Michael Eric : Ironiquement, oui. À un moment donné, il joué au foot sous les ordres de mon père. C'est marrant de penser qu'il était gardien. C'était au début des années '70, ou vers le milieu. Il était jeune, très jeune. Mon père m'a raconté l'histoire, m'a montré des photos. J'ai visionné quelques-uns de ses matches (de basketball) et j'ai appris certains de ses mouvements, que j'applique maintenant avec pas mal de succès.

Le 'Dream'. Donc il a joué au foot pour votre père avant de commencer à jouer au basket ?
Michael Eric : Oh oui, bien avant. Avant qu'il aille à l'Université de Houston.

Comment voyez-vous votre futur ? Nous savons que vous êtes très apprécié en Espagne.
Michael Eric : Je veux juste faire une saison complète en Europe. J'ai déjà frappé plusieurs fois à la porte de franchises NBA, j'ai été tout proche d'y arriver, mais j'ai échoué. Je suis toujours le même. Je travaille dur, pour aider mon équipe à gagner. Si cela débouche ensuite sur quelque chose de grand dans le futur, cela voudra dire que mon travail aura payé.

Et vous aimeriez disputer une compétition européenne ?
Michael Eric : Je suis en phase d'apprentissage. Ça serait bien d'en faire l'expérience. Mon objectif principal a toujours été la NBA, mais comme c'est le cas dans la vie, il faut également se fixer d'autres buts.

La plupart du temps, il faut lever les yeux pour voir Michael Eric 

Actuellement, vous habitez dans une belle ville. Bilbao est fantastique. Nous étions là pour la Coupe du Monde 2014.
Michael Eric : Oui, c'est vraiment beau, la nourriture est excellente et les gens sont gentils. Ils nous ont bien accueillis, moi et deux membres de ma famille. 

Vous avez vécu à Philadelphie lorsque vous évoluiez pour l'Université de Temple.  Y-a-t'il des points communs avec Bilbao? Il fait froid ?
Michael Eric : C'est semblable, mais pas pour la météo. Philadelphie est une ville unique. C'est presque un pays à elle toute seule. Les gens sont vraiment différents. Mais j'adore Philadelphie. Par rapport à Bilbao ? Bilbao est beaucoup plus propre (il rigole). C'est plus écologique.

Vous êtes né à Lagos. Quand êtes-vous parti aux USA ?
Michael Eric : Quand j'avais 16 ans. Je suis allé à la Church Farm School à Exton, en Pennsylvanie. Le coach de mon lycée m'a appris à jouer au basket. C'était la première fois que je jouais de manière organisée. J'ai eu la chance d'attirer l'attention de certaines universités. J'ai reçu plusieurs offres et je ne savais pas où aller. J'ai choisi Temple, parce que c'était à une vingtaine de minutes en voiture de mon lycée et qu'ainsi mes profs, mes conseillers en orientation et mon frère pouvaient venir voir mes matches. 

Comme vous veniez du Nigeria, vous parliez déjà anglais à votre arrivée.
Michael Eric :
En effet, le Nigeria étant une ancienne colonie britannique, nous parlions anglais, mais pas exactement le même que celui des Américains, avec un accent plus fort. Mais je me suis adapté et j'ai réussi mon intégration dans l'équipe de Temple. J'ai appris à modifier mon accent quand il le fallait parfois. 

Êtes-vous déjà allé en Grande-Bretagne ?
Michael Eric : En fait, plusieurs fois déjà. J'ai des cousins à l'Est et au Nord de Londres. J'en ai d'ailleurs beaucoup du côté de la famille de ma mère. Ils sont très grands, mais ils ne jouent pas au basket.​

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