JO : Une simple formalité pour les Américaines ?

La France ouvre le tournoi de basket féminin samedi, à midi heure locale, face à la Turquie. Une compétition où les Américaines semblent invincibles.

L'
enjeu

Comme chez les hommes, la sélection féminine américaine paraît surdimensionnée dans ce tournoi. «Elles sont intouchables», prédit même la sélectionneuse française, Valérie Garnier. Avec son effectif 100% WNBA, dont la dernière MVP 2015, l’arrière-ailière du Sky de Chicago, Elena Delle Donne, la phalange américaine a, semble-t-il, réponse à tout. Son seul et unique objectif sera donc de conquérir un sixième titre olympique consécutif, le huitième sur les neuf dernières olympiades, et poursuivre une série d’invincibilité impressionnante puisque le Team USA n’a plus perdu un match en tournoi olympique depuis la demi-finale à Barcelone en 1992 face à la CEI ! «Quand vous savez que vous avez le potentiel, que vous l’avez déjà fait et que vous savez ce qu’il y a à faire pour récidiver encore, vous devez être capable de retourner la pression sur les adversaires. On sait que si l’on perd, personne ne sera plus dévasté que nous», raconte le coach, Geno Auriemma. L’or paraît donc déjà attribué. Derrière, l’Australie semble posséder un temps d’avance sur le reste des troupes, notamment l’Espagne, le Canada, le Brésil, la Serbie ou la France, nations très proches les unes des autres, qui lorgnent toutes sur une breloque.

L'histoire

L’Américaine, Elena Delle Donne, a tout pour survoler ce tournoi. Avec son physique impressionnant et une qualité de shoot remarquable, celle que l’on appelle parfois «la Dirk Nowitzki au féminin» a réalisé une année 2015 exceptionnelle et sa première partie de saison 2016 en WNBA (21,4 pts, deuxième marqueuse derrière sa partenaire du Team USA, Tina Charles) semble la porter dans les mêmes courants. Outre son talent sportif, Elena Delle Donne, c’est aussi la belle histoire, l’émotion pure, comme les Etats-Unis, seuls, peuvent en fournir. Talent précoce, atteinte en 2008 de la maladie de Lyme (maladie bactérienne qui entraîne une grande fatigue et des raideurs musculaires), Donne a même dû stopper sa carrière, mais elle a lutté sans cesse pour revenir au plus haut niveau. Et c’est auprès de sa sœur aînée, Lizzie, née aveugle, sourde et atteinte de paralysie cérébrale, que la joueuse du Sky de Chicago, qui prend part ici à son premier tournoi international sous la bannière américaine, a puisé une force insondable pour devenir aujourd’hui l’une des stars de la sélection US, grande favorite du tournoi.

Les chances françaises

Si le podium paraissait envisageable à quelques jours du début du tournoi, il s’est forcément un peu éloigné depuis le forfait de la capitaine et guide charismatique de l’équipe de France, héroïne des JO 2012, Céline Dumerc. La perte est lourde, tant sur le terrain qu’en dehors où la chef de bande des Bleues jouait le rôle de booster et de catalyseur. «Je n’ai jamais parlé pas de médailles avec les filles. On va prendre les matches les uns après les autres et voir où ça nous emmène. Il y a deux places qui semblent prédestinées et on risque d’être beaucoup à se battre derrière», avouait la sélectionneuse tricolore, Valérie Garnier, avant même le forfait de Dumerc acté. Depuis la mauvaise nouvelle, les choses semblent donc encore plus compliquées. Mais cette équipe de France a déjà réussi son alliage expérience/jeunesse, avec notamment une médaille d’argent à l’Euro 2015. Si Sandrine Gruda retrouve son meilleur niveau, elle peut faire quelques ravages et les jeunes pousses, Epoupa ou Johannes, ont du talent plein les mains. Les Braqueuses peuvent donc toujours chaparder un joli butin à Rio…

Retour à l'accueil