JO : La Roja peut avoir des regrets

L’état civil de Pau Gasol lui donne 36 ans. Il en a encore semblé dix de moins lors de la demi-finale des Jeux olympiques perdue face aux Etats-Unis (82-76), vendredi 19 août à Rio, malgré un abattage énorme de sa star (23 points, 8 rebonds).

Le Catalan est sorti avec des regrets de la Carioca Arena, conscient que cette « Dream Team » est sans doute la moins forte de celles qu’il a affrontées en finale des JO, en 2008 et 2012. Mais l’Espagne est moins forte aussi, et plus âgée surtout. C’est la Serbie, vainqueur de l’Australie, qui aura la responsabilité de faire tomber cette équipe américaine.

L’énergie de DeAndre Jordan (16 rebonds, 4 contres) des deux côtés du terrain a fait la différence en faveur des Etats-Unis : « Sans lui, nous ne serions pas en finale », l’a remercié l’entraîneur américain Mike Krzyzewski, qui dispose surtout de 12 joueurs – sur 12 – capables de faire la différence individuellement. En attaque, les paniers à trois points de Klay Thompson en première période (17 points à la pause, dont trois tirs primés) ont apporté du soutien à Kevin Durant.

Sergio Scariolo, sélectionneur italien de l’Espagne, a tenté de se consoler :

« Quand une équipe a un potentiel tellement plus grand que le tien, athlétiquement, physiquement, il faut être heureux d’avoir réduit l’écart qui existe sur le papier. »

JO : La Roja peut avoir des regrets

« C’ÉTAIT NOTRE MEILLEURE CHANCE DE LES BATTRE »


Ses joueurs, eux, sont convaincus d’avoir laissé passer une occasion. Cette Dream Team fait rêver par son potentiel, moins par le jeu qu’elle déploie, fait de différences individuelles et d’un recours pas toujours utile au tir à trois points. L’alchimie entre les stars, si elle a l’air d’exister en dehors du terrain, ne se voit pas vraiment sur le parquet.

L’intensité défensive mise par les Américains dans la rencontre, si elle est rééditée en finale, devrait néanmoins suffire à assurer un nouveau doublé (femmes et hommes) pour « USA Basketball », contre la Serbie – dont la défense a étouffé l’Australie (87 à 61).

« Je pense que c’était notre meilleure chance de les battre, a déploré Pau Gasol. Je ne crois pas qu’ils jouent aussi bien qu’ils le faisaient dans les précédents JO. Ils sont très talentueux individuellement mais si on avait été plus précis dans nos tirs, si nous avions mieux fait circuler la balle, si nous les avions mieux gêné au rebond... L’histoire aurait été différente. Le match se joue à trois possessions. »

Au score final, seulement six points d’écart entre les deux collectifs. Mais davantage huit ou dix tout au long d’une deuxième période dominée par la vitesse américaine, compensant largement l’absence de basket collectif.

JO : La Roja peut avoir des regrets

« ILS N’ONT PAS JOUÉ LEUR MEILLEUR BASKET »


« On n’a pas fait notre meilleur match, confirmait Nikola Mirotic, gêné par ses quatre fautes acquises avant la pause. Et malgré tout, nous étions tout près. Nous savions que nous aurions une vraie chance. Je ne crois pas qu’ils aient joué leur meilleur basket jusqu’à présent. On savait que des détails feraient la différence, comme les rebonds offensifs [sept de plus pour les Américains]. »

Il s’agissait très probablement des derniers Jeux olympiques de l’immense génération espagnole – celle des Pau Gasol, Juan-Carlos Navarro et Rudy Fernandez – triple championne d’Europe et championne du monde en 2006. Seule nation à avoir rivalisé avec les Américains en finale des Jeux olympiques en 2008 et en 2012, elle tentera de finir sur une victoire et une troisième médaille olympique d’affilée dimanche.

Gasol a néanmoins affiché son intention de continuer avec l’équipe nationale, rappelant qu’il avait de quoi « être fier de [son] niveau ». Tony Parker et Manu Ginobili ont, eux, disputé leur dernier match sous les maillots français et argentin.

« Qui sait, ma passion pour le basket est énorme, j’adore jouer pour mon équipe nationale, donc on verra l’année prochaine. Je ne précipite pas les choses. Il n’en restait que quelques-uns de notre génération ici, mais il est probable que ceux qui sont là vont continuer. »


L’Europe du basket n’en a pas tout à fait fini avec l’Espagne.

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