JO : Derrière les intouchables américains, les Bleus peuvent y croire

Si une défaite des Etats-Unis à Rio serait un cataclysme, le tournoi masculin est ouvert pour les deux autres médailles. Les Bleus sont des candidats crédibles au podium pour la dernière compétition internationale de Tony Parker.


Les chances fran
çaises

D’être titré ? Aucune. Soit autant que les dix autres adversaires des Etats-Unis, invaincus depuis leur défaite en demi-finale du Mondial 2006 face à la Grèce (101-95). D’être médaillé ? Elles sont bien réelles. Ces dernières années, les Bleus ont régulièrement battu les autres candidats au podium, l’Argentine, l’Espagne, la Lituanie, la Serbie, voire la Croatie et le Brésil, en match officiel. L’équipe de France est arrivée à Rio au complet, sachant que l’absence d’Evan Fournier (15 points de moyenne en NBA) est un choix de l’entraîneur, avec un supplément d’âme, les adieux de Tony Parker à la sélection, qui confèrent une note émouvante à ce tournoi.

Mais, car il y a un mais, si les Français ont assuré le coup lors du TQO début juillet, ils ont ensuite perdu leurs trois matches de préparation aux JO en Argentine. Vincent Collet, le sélectionneur, veut croire que les Bleus, un peu las, se sont relâchés inconsciemment et qu’ils vont monter en régime quand l’enjeu sera réel, une de leurs spécialités. Mais cela n’empêche pas une pointe de doute qui ne pourra être effacée qu’à travers un début réussi face à l’Australie, samedi à 14h15 (19h15 HF).


La star

Kevin Durant. On peut voir les choses de deux manières. Soit mégoter en arguant que les deux grandes vedettes américaines actuelles, Stephen Curry et LeBron James, sont absentes, lessivées par leur duel lors des Finales NBA. Soit s’émerveiller en rappelant le niveau exceptionnel de Kevin Durant, qui est tout sauf un choix de substitution en leader du Team USA. Le nouvel équipier de Curry à Golden State, quadruple meilleur marqueur de la NBA entre 2010 et 2014, est un shooteur de l’extrême doté d’une gestuelle ultra fluide servie par une envergure gigantesque, laquelle donne l’impression qu’il est plus grand encore que ses 2,06 m.

Hallucinant d’aisance et de domination lors du Mondial 2010, il était plus anonyme, si l'on peut dire, lors des JO de Londres en 2012, ce qui ne l’avait pas empêché d’être le meilleur marqueur américain (19,5 points) devant Carmelo Anthony, LeBron James et Kobe Bryant. Pour ce garçon taiseux, pas très à l’aise dans la communication, ces JO seront presque du repos, paradoxalement, après avoir été très critiqué pour sa décision de s’engager en faveur des Warriors.


L'histoire

Le fait d’avoir un ogre comme les Etats-Unis dans le tournoi fausse un tantinet la donne. Car tout le monde a intérêt à finir dans la partie du tableau final qui envoie le plus tard possible, donc en finale, face aux Américains. Les Bleus avaient pris ce problème en pleine face en 2012 puisque les Espagnols avaient clairement fait exprès de perdre leur dernier match de poule, face au Brésil, quitte à devoir ensuite passer sur le dos des Français en quart de finale. Les Bleus, qui avaient joué sans compter au premier tour, en avaient tiré une frustration monumentale.

Cette année, pour s'arrêter au seul cas des Français, ils ont intérêt à finir deuxièmes ou quatrièmes du groupe A mais pas troisièmes, une place qui les mettrait sur la route du Team USA en demie. Cela rend capital le match face à la Serbie, mercredi à 19h45 (HF). En tout cas, les Bleus ont retenu la leçon et ils ne s’empêcheront pas d’être habiles. «Les calculs ? On n'aime pas trop ça, maintenant on verra bien. Les Etats-Unis, c'est mieux de les jouer le plus loin possible», concédait Tony Parker mercredi. Néanmoins, il existe un garde-fou à cette volonté de jouer à quitte perd gagne : les Français finiront le premier tour face aux Etats-Unis... Ils n’auront donc la possibilité de choisir leur résultat, au cas où, qu’auparavant contre le très abordable Venezuela. Aussi tôt, ce serait risqué.

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