Shaun Livingston, symbole d'une équipe au réservoir inépuisable

Annoncé comme une future star à son arrivée dans la Ligue, ce grand (2m01) meneur de jeu trentenaire a été stoppé net dans sa progression par une gravissime blessure à un genou, début 2007. Sa performance lors du premier match des Finales NBA sonne comme une petite revanche sur le destin.

Si on leur avait dit, avant le match 1 des Finales, que le tandem Curry-Thompson terminerait avec 20 points, à 8/27 aux tirs en cumulé, dont 4/13 de loin, les Cavaliers auraient sans doute imaginé pouvoir l’emporter assez largement à l’Oracle Arena. C’était sans compter sur les role-players, les joueurs du banc de cette équipe de Golden State, qui dispose de l’un des effectifs les plus profonds de toute la Ligue, sinon le plus profond. Un roster composé de joueurs qui auraient un tout autre rôle dans d’autres clubs, moins ambitieux que ne l'est celui d'Oakland. On pense à Harrison Barnes, star à l’université, Andre Iguodala, ancien All Star, ou encore Leandro Barbosa, ex-meilleur sixième homme de la Ligue, respectivement auteurs de 13, 12 et 11 points jeudi soir. «Si c’est leur plan de jeu, de nous laisser ouverts, de nous laisser marquer, on doit les faire payer», a expliqué Shaun Livingston après le match, sur NBA TV. Lequel Shaun Livingston, qui n’avait rentré que 13 tirs sur l’ensemble de la série contre Oklahoma City, au tour précédent, en a converti 8 jeudi soir, pour 20 points (record personnel en play-offs). «Il a apporté l’étincelle pour Golden State», résume LeBron James.


" Je pense que Cleveland peut être un bon match-up pour moi. "
Shaun Livingston avant le Game 1


Shaun Livingston qui, du haut de ses 2m01, pose régulièrement des problèmes de match-up aux équipes adverses, ayant quasiment toujours un avantage de taille certain sur son vis-à-vis. C’est évidemment le cas contre les Cavaliers, avec Kyrie Irving mesuré à 1m91 et Matthew Dellavedova, à 1m93. «Parfois, les match-ups sont en votre faveur, parfois non. Je pense que Cleveland peut être un bon match-up pour moi», devinait-il avant la rencontre. Bien vu… Le natif de Peoria dans l’Illinois a fait un maximum de dommage à mi-distance, ne tentant aucun tir au-delà de l’arc de cercle, et seulement deux (tous réussis) en dehors de la raquette. Au final, 8/10 aux tirs pour lui, aucune perte de balle et un +/- à +20. Propre. Décisif. «Nos joueurs du banc nous apportent assurément un gros plus quand ils entrent en jeu, ils changent les données du match», savoure Stephen Curry, qui n’hésite pas à raconter à quel point Shaun Livingston lui donne du fil à retordre à l’entraînement quand il doit défendre sur lui. «Il n’y a parfois rien à faire.»

Une infâme blessure au genou qui a failli lui coûter sa jambe en 2007

C’est exactement en espérant le voir produire ce genre de match que les Clippers avaient choisi Livingston à la quatrième position de la Draft 2004, dès sa sortie du lycée, alors que l’intéressé avait l’opportunité de faire un cursus universitaire à Duke. On parlait alors de lui comme d’un futur Penny Hardaway dans le meilleur des cas, au moins l’imaginait-on faire quelques apparitions au All Star Game. Las, ses deux premières saisons avaient déjà été pourries par les blessures (91 matches sur 184) et il en subissait une autre, terrible, en février 2007. Fin de saison 2006-07. Presque fin de carrière… Le pauvre jeune homme se cassait tout ce qu’il est possible de se casser dans un genou. Infâme. L’amputation avait même été évoquée. Il parvenait finalement à conserver sa jambe, à reprendre le chemin de l’entraînement et à retourner en NBA, en 2008-09. S’en suivirent plusieurs années de galère lors desquelles il a connu huit clubs (Miami, OKC, Washington deux fois, Charlotte, Milwaukee, Cleveland, Brooklyn) en six ans, sans compter un passage par la D-League. Coupé ici, tradé là, en bout de banc ailleurs, il signait finalement à Golden State en 2014, après une saison encourageante chez les Nets.


Quels ajustements pour les Cavaliers dimanche prochain ?

«Notre banc a été bon, Andre (Iguodala) est très bon depuis le début des play-offs et il a donné le ton dans ce match, Leandro (Barbosa) a été excellent, a expliqué Livingston, interrogé sur l’impact du banc dans le Game 1 des Finales. Steph (Curry) et Klay (Thompson) restent nos leaders. Je pense que la série contre OKC au tour précédent nous a très bien préparés pour celle face à Cleveland. Leur défense, leur façon de nous jouer… Ça nous a aidés.» Reste à savoir quelle sera la réponse de Cleveland en vue de la deuxième manche de la série, dimanche prochain, toujours à l’Oracle. «Je pense qu’ils feront des ajustements, qu’ils ne nous (les joueurs du banc et les titulaires qui ne s'appellent pas Steph ou Klay) laisseront pas aussi souvent ouverts. Mais ils devront prendre une décision : continuer à se focaliser sur Stephen Curry et Klay Thompson, ou essayer de réduire les options pour les autres», glisse Linvingston. Charge à Tyronn Lue de faire les bons choix et d’éviter de repartir bredouille à Cleveland, mené 2-0 avant les matches 3 et 4…

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