Match 3: LeBron James doit prendre ses responsabilités

Les Cavaliers sont dépassés par les Warriors dans tous les domaines jusqu’ici, lors des Finales NBA. Si solution il y a, elle doit tout d’abord venir de LeBron James, leader de cette équipe de Cleveland aux abois.

Cinq défaites en Finales NBA ? C’est le destin qui semble promis à LeBron James, titré en 2012 et en 2013 avec Miami, mais battu à ce stade de la compétition en 2011 et 2014 sous les couleurs du Heat, et avec Cleveland, en 2007 et 2015. «Ses» Cavaliers sont en effet mené 0-2 face aux Warriors, lors des Finales cuvée 2016. Deux matches perdus par 48 longueurs d’écart au total (15 et 33). C’est ni plus ni moins que le différentiel de points le plus élevé après deux matches dans toute l’histoire des Finales… C’est une corrida, une démonstration, un… cavalier seul. En fait, la seule chose qui fonctionne à peu près, c’est leur défense sur Stephen Curry et Klay Thompson. Limités à 20 points en cumulé au Game 1, les «Splash Brothers» ont respectivement inscrit 18 et 17 unités dimanche dernier. Ce n’est que la deuxième fois de la saison qu’ils commettent deux matches consécutifs avec moins de 20 unités chacun. «On a été battu partout, on n’a rien fait mieux qu’eux», pestait James dimanche soir, tout en regardant la feuille de match d’un air dégoûté.


Une défense aux fraises, une attaque désorganisée et inefficace

Trop concentrée sur le tandem Curry-Thompson, la défense de Cleveland laisse, volontairement, des espaces aux autres. Draymond Green a fait payer le prix de cette stratégie à coach Lue dimanche, avec 28 points à 5/8 à longue distance… Trois jours auparavant, c’est Shaun Linvingston (20 pts, 8/10), Leandro Barbosa (11 pts, 5/5) et le banc des Warriors (45 points au total) qui s’était baladé. Globalement, l’équipe de l’Ohio semble perdue sur les phases défensives, arrêtées ou en transition. C’est aussi le cas en attaque. Une attaque qui tournait à plus de 116 points de moyenne depuis le début des play-offs, mais qui se heurte aux schémas de coach Kerr et montre ses limites (83 pts/match, moins de 40% de réussite). Collectivement, individuellement, tactiquement, les Cavs sont dans les cordes, pris à la gorge par les champions en titre.

«Les gars ne sont pas découragés. Ils sont plus en colère qu’autre-chose», glissait Tyronn Lue après le deuxième match. En colère ? Ça ne s’est pas vu sur le parquet... Ce qu’on a vu en revanche, ce sont des joueurs KO debout, impuissants, démobilisés. «Ils ont été plus durs et plus agressifs que nous. Il faudra être plus dur, plus physique», ajoutait le successeur de David Blatt. C’est une piste. Jouer plus grand en est une aussi, avec Timofey Mozgov par exemple. Dans tous les cas, ce qui a été fait jusqu’à maintenant ne fonctionne pas, c’est une évidence. Le staff de Cleveland doit opérer des changements drastiques pour avoir la moindre chance. Des ajustements, oui, mais c’est au leader de montrer la voie, de guider ses troupes.
LeBron James doit être plus égoïste, comme l’an dernier

Le King doit jouer comme tel, sonner la charge et prendre ses responsabilités. Ce que ses coéquipiers attendent sans doute de lui d’ailleurs… Les chiffres compilés par James sur les deux premiers matches ne sont pas alarmants à première vue : 21 points, 10 rebonds, 9 passes décisives, 3 interceptions et 1 contre de moyenne, en 37,5 minutes. Mais la réalité est plus nuancée. Après avoir perdu 4 ballons lors du premier match, LBJ a commis 7 «turnovers» dimanche dernier. Le tout avec un pourcentage d’adresse, 42,1% aux tirs, indigne de son talent, de ses caractéristiques et de son physique de déménageur. Plus ennuyeux encore, il n’a tenté que 17 tirs au deuxième match, et 8 lancers-francs depuis le début de la série (7/8). Souvenons-nous quand même que ce même LeBron James, contre les mêmes Warriors, avait inscrit 44, 39, 40, 20, 40 et 32 points lors des Finales NBA 2015, avec en moyenne 32,7 tirs tentés par match (39,8%). Certes, Kyrie Irving et Kevin Love n’étaient pas de la partie l’an passé. D’ailleurs, K-Love est incertain pour ce mercredi (commotion). On sait qu’Uncle Drew est capable de retourner un match à lui tout seul. On se souvient de ses 57 points contre San Antonio en 2015. Mais c’est à LeBron de frapper le premier. C’est son rôle. Son destin.
Même si cela le conduit à forcer sa nature et à être plus égoïste. Combien de fois l’a-t-on vu driver au panier et choisir la passe dimanche dernier… Il doit faire payer aux Warriors leur relative petite taille, et ne pas avoir peur d’emmener Draymond Green ou Andre Iguodala au cercle. Même s’il ne parvient pas à convertir un panier, il aura des fautes.

«Egoïste… Ce n’est probablement pas le bon terme. J’ai été en difficulté ce soir (dimanche). J’ai commis beaucoup trop de pertes de balle. Je dois être meilleur, plus solide», affirmait-il en conférence de presse d’après-match. Bien sûr, la performance de ses premiers lieutenants et des autres a de quoi le rendre fou, même s’il prétend le contraire. «Si je suis frustré ou en colère de la prestation de mes coéquipiers ? Ni l’un, ni l’autre. On doit simplement faire mieux, s’est-il borné à dire. On doit être meilleur dans tous les compartiments du jeu, en attaque comme en défense, sur le plan physique et mental.»


" Gagner après avoir été mené 0-2, c’est compliqué, mais c’est possible. "
Shaquille O'Neal


D’où le fait qu’une réponse forte et des modifications en profondeur sont attendues ce mercredi, que Kevin Love soit opérationnel ou pas. Il n’y a plus de temps à perdre, plus de question à se poser. On sait qu’aucune équipe NBA n’a jamais remporté une série après avoir été menée 0-3. Seules trois y sont parvenues en finale après avoir perdu les deux premiers matches, sur 31, dont le Heat de Miami en 2006, contre Dallas. Shaquille O’Neal faisait partie de l’effectif floridien cette année-là : «Gagner après avoir été mené 0-2, c’est compliqué, mais c’est possible, a commenté Shaq sur NBA TV. Les Cavaliers ont-ils cette force de frappe que nous avions, cette volonté ? Ils devront faire beaucoup de choses bien pour y arriver… Leurs superstars (LeBron James et Kyrie Irving) devront faire de grosses statistiques. Kevin Love devra jouer et compiler de gros chiffres également. Les autres joueurs devront aussi bien jouer, bien shooter. Bien jouer et mener au score ne suffit pas contre cette équipe. Vous devez les dominer, comme OKC l’a fait pour mener 3-1. Gagner après avoir été mené 0-2, c’est possible. Les Cavaliers ont-ils ce qu’il faut pour y parvenir ? Je n’en suis pas sûr.» Le Big Cactus n’est pas le seul à en douter… A LeBron et compagnie d’apporter la réponse.


Finales NBA 2016, calendrier et résultats :


Game 1 : Golden State-Cleveland 104-89
Game 2 : Golden State-Cleveland 110-77 (GS mène 2-0)
A suivre
Game 3 (mercredi 8 juin, 3 heures du matin) : Cleveland-Golden State
Game 4 (vendredi 10 juin, 3 heures du matin) : Cleveland-Golden State
Si nécessaire
Game 5 (lundi 13 juin, 3 heures du matin) : Golden State-Cleveland
Game 6 (jeudi 16 juin, 3 heures du matin) : Cleveland-Golden State
Game 7 (dimanche 19 juin, 2 heures du matin) : Golden State-Cleveland

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