LeBron James s'est fondu en larmes après le coup de sifflet final du match 7 des Finales NBA.
LeBron James s'est fondu en larmes après le coup de sifflet final du match 7 des Finales NBA.

LeBron James a tenu sa promesse : il a guidé «ses» Cavaliers jusqu’au premier titre de leur histoire.

La pression, les attentes, les défaites… LeBron James est au sommet depuis 13 ans qu’il a rejoint la NBA, en 2003. Un peu plus en fait, puisqu’il faisait la Une de Sports Illustrated dès 2002, plus d’une année avant d’être drafté par Cleveland. Surnommé le King (le Roi), ou encore The Chosen One (l’Elu), le natif d’Akron a accumulé les honneurs (meilleur Rookie en 2004, meilleur scoreur en 2008, 12 fois All Star, deux fois MVP du All Star Game, quatre fois MVP de la saison régulière, deux fois champion olympique), remporté deux titres avec Miami (2012, 2013), mais il a aussi connu de terribles déceptions, avec notamment quatre défaites en finale, dont deux avec le Heat (2011, 2014) et autant sous les couleurs de Cleveland, en 2007 contre San Antonio et l’année passée, face aux Warriors. Or, il l’avait promis : après sa parenthèse de quatre ans en Floride (2010-14), LBJ était revenu sur ses terres natales du nord-est de l’Ohio avec l’objectif d’offrir à Cleveland son premier titre dans un sport majeur depuis celui des Browns (NFL) en 1964. Le premier tout court dans l’histoire des Cavaliers.
Première équipe à gagner les Finales après avoir été menée 1-3

Il l’a fait, il a tenu promesse et offert le Trophée Larry O’Brien à ses fans. «Je suis revenu pour une raison : amener le titre ici. Je sais ce dont je suis capable. A mon retour, je savais que j’avais tous les ingrédients pour aider cette franchise à atteindre des objectifs qu’elle n’avait jamais atteint jusqu’ici», a déclaré James. Le tout face à des Warriors qui ont remporté 73 victoires en saison régulière (record NBA) et ont mené 3-1 lors des Finales NBA, avec deux des trois derniers matches à jouer à l’Oracle Arena d’Oakland (Californie). Un avantage synonyme de titre dans 100% des 32 précédents à ce stade de la compétition… «Tout de suite, il n’y a que de l’excitation pour nous en tant qu’équipe, franchise, ville, communauté, pas de soulagement», a jubilé le MVP des Finales 2016, trophée qu’il remporte pour la troisième fois, égalant ainsi Magic Johnson, Shaquille O’Neal et Tim Duncan. Michael Jordan, lui, l'a soulevé six fois.

"J’y croyais, et mes gars ont cru en moi "
LeBron James


Bien aidé par son meilleur lieutenant, Kyrie Irving, auteur du panier décisif dimanche soir lors de l’ultime manche de la série (victoire 93-89), King James a donc renversé une situation plus que compromise contre Curry et compagnie, il a écrit la plus belle page de sa carrière, l’une des plus belles de l’histoire de la NBA. «J’y croyais, et mes gars ont cru en moi en tant que leader. Personne n’y croyait en dehors des 14 joueurs, du staff, des fans, mais nous l’avons fait», souffle James, qui a pris ses responsabilités en termes de leadership quand son équipe était dos au mur, sorti deux matches à 41 points d’affilée (5 et 6) avant de compiler 27 points, 11 rebonds et 11 passes décisives lors du Game 7. Seuls James Worthy et Jerry West avait réalisé un triple-double lors d’un Game 7 des Finales NBA jusque-là. Du grand art. Cela force le respect. Sa performance en finale, le parcours des Cavs cette année et sa carrière dans son ensemble.


Un contrat d’1 milliard de dollars avec Nike, un titre qui vaut encore plus

Agé de 31 ans, ce père de trois enfants a définitivement assuré sa place parmi les très grands, alors qu’une nouvelle défaite en finale aurait fait office de tâche indélébile sur son CV (3-4 en finale). Doté d’un physique hors-norme (2m03, 113kg), d’une vision de jeu digne des meilleurs meneurs de jeu et capable de défendre sur les cinq positions, son apport en défense ayant d’ailleurs été très sensible au Game 7 des Finales 2016, avec notamment trois contres, dont un sur Andre Iguodala dans les dernières minutes quand le score était toujours à l’équilibre, c’est un Ovni de par son profil, un monstre, un géant. Une voix respectée aux Etats-Unis en dehors du cadre du sport aussi, et un businessman aguerri. Il se dit que le contrat qu’il a signé avec Nike en 2015 pourrait lui rapporter, sur le reste de son existence, jusqu’à 1 milliard de dollars…
Mais le titre qu’il a remporté dimanche dernier vaut sans doute encore plus que cela dans son esprit. Gagner chez lui, après une saison inégale (Tyronn Lue a remplacé David Blatt en janvier alors que les Cavs venaient d’être humiliés par Golden State, ndlr) et en étant au bord du gouffre après le quatrième match des Finales, le tout contre l’équipe qui l’avait privé du sacre l’an dernier et face au joueur qui était annoncé comme le nouveau visage de la NBA, Curry, ça n’a pas de prix pour LeBron James, plus que jamais Roi sur la planète basket. «J’ai remporté deux titres à Miami. J’y tenais et on avait tout donné avec mes coéquipiers du Heat. Mais le fait de savoir que Cleveland n’avait plus vu de titre depuis plus de 50 ans, je savais ce que notre ville, le nord-est de l’Ohio et notre communauté avait vécu. C’est ce qui provoque toutes ces émotions», a-t-il glissé, après avoir comparé le Game 7 à un «combat de Rocky» (sur la suggestion de son intervieweur sur ESPN) et reconnu que les Dubs sont l’une «des meilleures équipes contre laquelle (il a) jouée».


La fête à Cleveland avant un détour par Rio ?

Il ne reste maintenant plus qu’à profiter de ce trophée si durement gagné, en effaçant de sa mémoire les critiques, les insultes du propriétaire des Cavaliers Dan Gilbert quand il est parti en 2010, les maillots floqués à son nom brûlés dans les rues de Cleveland... Il a toutefois commencé à régler ses comptes avec les médisants en sortant de son silence sur les réseaux sociaux. Une première depuis le 16 avril (voir ci-dessous). «Je suis impatient de descendre de l’avion avec le trophée et de voir tous nos fans à l’aéroport. Ce sera la plus grande fête jamais vue à Cleveland. Si vous en avez les moyens, je vous invite à venir et à en profiter», sourit James, qui doit encore se déterminer au sujet d’une éventuelle participation aux Jeux olympiques cet été, pour y glaner une troisième médaille d'or. Avant cela, il décidera peut-être de casser son contrat et de devenir free-agent. A priori pour mieux resigner un riche et long contrat en faveur de son équipe de toujours. Quoique, maintenant qu’il a tenu promesse en offrant un titre à Cleveland, LBJ a la liberté morale de faire ce qu’il veut. Il se dit ici et là qu’il ne serait pas insensible à l’idée de jouer pour les Lakers, voire de retourner à Miami. L’hypothèse la plus probable reste toutefois de le voir rester dans l’Ohio, aux côtés de Kyrie Irving, pour viser le doublé. Mais quoi qu’il arrive, James sera vu comme celui qui a mis sa ville au sommet. Personne ne lui enlèvera ça.

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