Bismack Biyombo, un Léopard qui n'a peur de rien

En l’absence de Jonas Valanciunas pour le troisième match de suite dans cette série, les Raptors devaient une nouvelle fois compter sur leur jeune intérieur volant, en espérant qu’il foutrait un bordel monstre dans la peinture des Cavs : c’est peu dire si le congolais Bismack Biyombo a validé sa mission.


On le savait depuis une grosse semaine, suite à son fabuleux Game 7 contre Miami et en apprenant que le pivot titulaire de Toronto serait encore indisponible pendant quelques jours, Biyombo devait envoyer du bois dans la raquette en atteignant pour la première fois un tel niveau de la compétition. Pas facile, déjà d’un point de vue expérience, mais surtout compte-tenu de l’opposition puisque le secteur intérieur de l’Ohio présentait des visages bien moins chaleureux que ceux du Heat. Tristan Thompson et Kevin Love, de l’aspirateur bien relou et qui joue nettement plus des coudes que Luol Deng et Justise Winslow, et qu’on voyait au travail dès le début de la série : 9 rebonds pour Bismack aux Games 1 et 2… au total. Nettement moins que ses moyennes habituelles, le tabassage physique des Poubelles Brothers faisant son effet aussi bien sur Biyombo que sur les Raptors. Deux matchs, deux branlées, retour à la maison avec un objectif individuel comme collectif en tête, celui de reprendre les commandes de la raquette. Car même si Tristan était le plus actif des intérieurs de Cleveland, personne ne pouvait proposer un moteur aussi puissant que celui du Léopard de Toronto, ses qualités athlétiques et sa détermination devaient permettre aux Raptors de croire en leurs chances.

Et du coup, ce samedi…

… Bismack n’a pas uniquement repris les commandes de la raquette, il a carrément retiré les mains des enfants d’en face et enfermé le tout à double-tour dans leur chambre. 16 rebonds à la mi-temps, 26 au total, record égalé dans un match de Playoffs depuis 1984, quasiment la moitié du total de son équipe (!), auxquels il a ajouté 4 contres et 7 points bonus, son énergie était indescriptible sur chaque possession des siens. Et c’est justement ce dont les Raptors avaient besoin, afin d’infliger la première défaite du printemps aux Cavs cette année. DeMar DeRozan gérait le scoring, Kyle Lowry se réveillait enfin, mais il fallait bien qu’un col bleu se nourrisse du public canadien et qu’il permettre aux coéquipiers de se démerder dans leur secteur. On voyait Kyrie et LeBron monter en pénétration sur le numéro 8, ce dernier renverra le lay-up du premier sur la planche et fera une flagrante sur le second, afin d’envoyer un message. Que même si l’acte n’était pas des plus gracieux, il signifiait une rébellion significative chez les hôtes : il faudra montrer les muscles pour l’emporter au Air Canada Centre lors du prochain match, et Dieu sait si Bismack a de sacrés biceps. Après une régulière solide en remplaçant de Valanciunas, le pivot est devenu la révélation médiatique de ces Playoffs, en offrant des actions de gros dalleux tous les soirs, et en célébrant chaque bonne séquence comme s’il était sur le point de remporter un titre. Une feel-good story qui s’arrêtera probablement sur cette série, mais qui prouvera une nouvelle fois que sa place est totalement méritée dans la NBA actuelle.


L’agent de Bismack se frottait déjà les mains il y a une semaine ? Les contrats qui lui seront proposés cet été seront encore plus lourds en le voyant offrir un tel niveau d’activité et d’énergie. La réaction des Cavs est bien attendue, mais hier soir il n’y avait aucun habitant de l’Ohio qui aurait pu boxer Biyombo sous les arceaux.

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