Le Bayern Munich donne une douche froide à la SIG

En s'inclinant à domicile (69-82) face au Bayern Munich, un concurrent direct, Strasbourg s'est relâché dans la course au Top 16 et est désormais condamné à l'exploit.

Il n'y a pas eu de match ce vendredi au Rhénus. Sur son parquet, là où le club alsacien avait remporté ses trois duels cette saison en Euroligue, la SIG a cette fois-ci sombré, largué dès les premières minutes de jeu par le Bayern Munich qui présentait pourtant le même bilan comptable (3v-4d) avant la rencontre. L'équipe allemande, solide en défense et bien mieux organisée en attaque, s'est promenée dans le sillage de ses Américains John Bryant (17 points) et Deon Thompson (14 points). Le Bayern a ainsi compté jusqu'à 27 points d'avance au début du dernier quart-temps, avant que les Strasbourgeois ne reviennent dans les dernières minutes, quand tout était déjà joué.


Beaubois, zéro pointé
La SIG n'a pas pu compter ce vendredi sur son meilleur élément, Rodrigue Beaubois, passé complètement à côté de son match (0 point à 0/11 aux tirs, dont 0/6 derrière l'arc). Seul Jérémy Leloup (11 points) a franchi le cap des 10 unités, et il a fallu attendre plus de 25 minutes pour voir les locaux inscrire un tir à trois-points... "Ce soir on va aller se coucher sans vraiment être fatigués. Après ce genre de match ce n'est pas normal", a commenté l'arrière Paul Lacombe au micro de BeinSports.


Pour accrocher son billet qualificatif pour le Top 16, Strasbourg est désormais condamné à gagner ses deux derniers matches, face au Khimki Moscou en Alsace la semaine prochaine... puis à Madrid dans quinze jours, face au Real champion d'Europe en titre. A l'aller, ils avaient créé l'exploit. Mais au vu de la prestation des hommes de Vincent Collet ce soir, l'espoir est mince...

Pour Vincent Collet, « le Bayern a attaqué le match magnifiquement avec une dureté supérieure à la nôtre, même en en ayant plus qu’eux on en avait moins. De plus, on était en panne totale d’adresse et ce paramètre a été très important alors qu’eux ont mis des tirs en fin de possession qui ont fait très mal. Comme il n’y a pas beaucoup de choses faciles, le fait de ne pas les marquer explique le score à la mi-temps. On a un peu débloqué le compteur à la fin mais on a encore raté des paniers faciles dans le 3e quart temps ».

L’entraîneur a voulu aussi insister sur le problème culturel dont soufrent plusieurs joueurs de son équipe. « On n’a pas non plus la maturité nécessaire. Le Bayern a commencé tous ses quarts temps en faisant des fautes pour stopper des contre attaques. Nous on y arrive pas. Certains joueurs ont joué longtemps et n’ont pas fait de faute… Défensivement, on a baissé lorsqu’on a raté les tirs alors que c’est l’inverse qu’il faut faire. Trop de joueurs sont impactés par leur propre réussite. Contre une équipe qui est dans la récitation, c’est mortel. Et culturel. Contre ce qui se fait de mieux en Europe, face à deux armées qui se relaient sur le terrain, ça ne pardonne pas. Ils nous ont été très supérieurs ». Et tout cela explique aussi l’incapacité des équipes françaises à franchir le palier du Top 16.

Vaillant comme toujours, Paul Lacombe affichait ses regrets : « Trois ans que je suis là, trois ans qu’on joue ce genre de match et trois ans qu’on fait les mêmes erreurs. On n’est pas prêt, l’équipe en face est très forte et pour couronner le tout, on ne met pas un panier à trois points. Lors des trois premiers succès, on a gagné parce qu’on était agressif, ce soir, ce n’était pas le cas. Et en attaque, on était crispé. Si on avait fait les efforts au début, on aurait peut-être été plus adroit. Ce match est à l’image de l’équipe depuis le début de saison. On n’a pas encore réussi à se faire mal en défense à part par séquences. Et c’est malheureusement notre niveau actuel. Dommage parce qu’on aurait plus rêver plus grand avec cette équipe. Ce n’est pas fini, bien sûr, mais ça va être tellement difficile. On a pris tellement de tôles à l’extérieur, que je ne sais pas comment ça va se passer à Madrid. Mais contre Khimki, il faudra jouer à fond. En attendant, il faut basculer très vite sur un gros match de championnat, contre Gravelines. C’est peut-être la meilleure des choses ».


Pesic : « Strasbourg sera champion de France »

Svetislav Pesic, le coach munichois, était bien sûr satisfait de sa soirée. « Pendant 35 minutes on a joué un excellent basket, sans erreurs. Et avec notre trio d’intérieurs, Savanovic, Thompson et Bryant, qui ont dominé au rebond et Notre groupe est très solide, mais on n’a gagné qu’un match en décembre et d’autres, très difficiles, nous attendent. Allusion au match à Bamberg, dimanche, à celui contre le Real Madrid vendredi prochain, puis à Giessen et à Belgrade ! « Dans ce groupe si difficile, avec des équipes aussi fortes que Fenerbahçe, le Real Madrid et Khimki, une seule équipe est qualifiée pour le Top 16 à deux journées de la fin. Qui l’eut crû ? Ce ne fut pas un match facile, ne croyez pas cela. Strasbourg n’est pas éliminé et c’est une équipe solide avec une bonne organisation et un bon coach. Je prends le pari qu’ils seront champions de France en juin ».

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