Laurent Foirest: "Nando De Colo tient un peu l'équipe"

Ex-international (150 sélections, 1 292 points marqués) passé par Antibes, Pau-Orthez, Vitoria et l'Asvel, le Marseillais Laurent Foirest (41 ans), en quête d'un club pour se lancer dans le coaching, est un spectateur attentif de l'Euro-2015. Pour News Basket Beafrika le gaucher au shoot soyeux revient sur le début du tournoi.

Quel regard portez-vous sur les résultats des Bleus depuis le début de l'Euro ?

Laurent Foirest : Pour l'instant, c'est poussif. On les attend à un certain niveau par rapport à ce qu'ils ont fait l'an dernier au Mondial et il y a deux ans à l'Euro. Mais bon, le principal reste de gagner. Je sais qu'ils feront comme d'habitude, c'est-à-dire monter en puissance au fur et à mesure. Il le faut car le huitième de finale arrive très vite et c'est le match à ne pas perdre.

Vincent Collet parlait hier matin d'un "phénomène de gestion inconsciente"...

Laurent Foirest : Ils ont l'habitude de ce genre de compétitions. Inconsciemment, je pense qu'ils se savent au-dessus des autres équipes et ils en gardent un peu sous la pédale. Mais à ce jeu-là, on peut se brûler.

Selon vous, est-ce l'équipe de France la plus forte de l'histoire ?

Laurent Foirest : La meilleure, c'est celle qui gagne ! Beaucoup d'équipes étaient très fortes sur le papier et n'ont pas réussi à gagner. L'avantage de celle-là, c'est que les joueurs se connaissent depuis longtemps. Ils ont pratiquement toujours joué ensemble depuis les équipes de jeunes, en équipe de France ou en club. Ils ont une confiance en eux qui est énorme et ça peut leur permettre de progresser encore.

Y a-t-il des joueurs qui vous surprennent ? On pense ici à Nando De Colo...

Laurent Foirest : Oui, mais Nando progresse chaque année depuis le début de sa carrière. Il arrive à un super niveau. Dans cet Euro, il tient un peu l'équipe. Il est tout le temps en rythme, il porte la balle devant et défend. Je trouve qu'on ne parle pas assez de lui par rapport aux autres. Il fait une super carrière, il était en NBA, il sort d'une excellente saison au CSKA Moscou... Il le mérite !

Quelles sont les équipes que vous craignez dans l'optique du huitième de finale ?

Laurent Foirest : L'Allemagne et la Turquie. Ce sont deux nations de basket. Chez les Allemands, Dirk Nowitzki peut faire des cartons et être injouable. Il faudra faire attention à l'Italie aussi, en dépit des tuiles avec les blessés. Comme je le disais, j'espère que l'équipe de France haussera son niveau lors de ces matches couperets. Sur le terrain, on ne commande pas toujours tout. Ce n'est pas parce qu'on veut bien jouer qu'on y arrive.

Que pensez-vous de la réussite de Vincent Collet à la tête de l'équipe de France ?

Laurent Foirest : Vincent est un très grand entraîneur. Il a eu des résultats, il arrive à fédérer une équipe avec des joueurs qui ont beaucoup d'ego. Sur le terrain, il a créé une hiérarchie et il a réussi à la faire accepter par tous. Avec le résultat obtenu l'an dernier (3e au Mondial sans Parker, ndlr), ça prouve qu'il y a de bons joueurs qui peuvent prendre leurs responsabilités. On n'est pas dans la Parker-dépendance comme cela a été le cas à une époque. Les joueurs en ont pris conscience. Tony, c'est sans doute le meilleur meneur du monde et on sait qu'il peut débloquer un match à tout moment. Mais c'est son avant-dernière campagne si la France se qualifie pour les JO de Rio. Il va falloir commencer à penser à faire sans lui.

Comment vivez-vous cet Euro en France ?

Laurent Foirest : Je le vis très bien, ça me rappelle ce que j'ai connu en 1999 à l'Euro en tant que joueur. À l'époque, on avait fait la première phase à Toulouse, puis la deuxième à Pau, c'était le fief du basket. Là, quand tu vois une salle de 10 000 places pleine à craquer, c'est magnifique ! J'attends impatiemment de voir le stade de Lille ! Si l'équipe de France remplit la salle (27 000 places), ce sera énorme !

La victoire finale est-elle si importante pour le basket français ?

Laurent Foirest : Chaque année, c'est important que l'équipe de France fasse bonne figure. Elle l'a toujours fait, même si à notre époque on finissait quatrième. Il nous a toujours manqué ce déclic pour gravir la marche au-dessus, en 1999, en 2003. Là, ils sont passés à un niveau supérieur en gagnant et en récoltant plusieurs médailles. Il faut continuer. La Fédération a pris exemple sur notre médaille d'argent à Sydney, en 2000. Rien n'avait été fait derrière alors qu'on avait eu un super résultat. Je pense qu'elle a pris conscience qu'elle n'avait pas su surfer sur cette vague-là. La génération d'après en profite, c'est tant mieux ! Au moins, on aura servi à quelque chose...   

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