EuroBasket 2015: les Bleus veulent marquer l'histoire

L’équipe de France ouvrira le bal de l’EuroBasket qu’elle organise sur son sol ce samedi à Montpellier (21h) contre la Finlande. Avec plusieurs enjeux en tête qui pourraient lui permettre de rentrer dans l’histoire de son sport.


Parce qu’ils peuvent marquer l’histoire

Ce n’est pas forcément original mais c’est la réalité. Et ce ne sont pas les médias qui l’ont martelé ces derniers jours, mais les joueurs eux-mêmes, « Captain Parker » en tête. « Mon idole, c’est Michael Jordan, rappelle le meneur de jeu de l’équipe de France. Il parlait tout le temps de marquer l’histoire de son sport et c’est ce qui le motivait à avancer. Moi ce qui me motive, c’est d’aller le plus loin possible avec mon talent et mes coéquipiers et c’est ce qui me donne envie de continuer à pousser mes limites. Quand tu joues contre l’histoire, ça te motive. » Et elle est sacrément belle, cette histoire.

En conservant le titre acquis en 2013 en Slovénie, la France intégrerait un club très fermé, celui des nations à avoir remporté deux championnats d’Europe consécutifs. Un club fréquenté jusqu’à présent par la Lituanie, l’URSS, la Yougoslavie et l’Espagne. Mais GAGNER sur le sol français aura en plus une autre saveur pour nos Bleus. Toujours historique, bien sûr. Depuis 1993 et l’Allemagne, aucun pays organisateur n’a remporté l’Euro chez lui. Et les Bleus ont contribué à cette « malédiction » en écartant la Serbie en 2005 et la Slovénie, il y a deux ans, lors de leur titre continental…


Parce qu’ils peuvent consacrer une génération en or

Tony Parker, Nicolas Batum, Boris Diaw. Mais aussi Rudy Gobert, Evan Fournier et Nando De Colo. Les Bleus ne manquent pas de talents et d’atouts au moment d’attaquer cet EuroBasket 2015. Ni d’expérience (Gelabale, Piétrus), d’insouciance (Jaiteh) ou de sens du sacrifice (Lauvergne, Kahudi). Et même les forfaits d’Alexis Ajinca (tendon d’Achille), d’Antoine Diot (cuisse) et dernièrement de Thomas Heurtel, retenu par son club d’Efes Istanbul et remplacé par Leo Westermann, ne changent rien au constat : avec huit joueurs évoluant en NBA, l’équipe de France présentera la meilleure cuvée de son histoire lors de cette compétition. « On arrive à un point où deux-trois générations arrivent à maturité », reconnait Nicolas Batum.

Une maturité qu’il faudra BIEN voir récompensée un jour. Car rien ne garantit que les Bleus auront encore une telle opportunité de voir cette génération consacrée au plus haut niveau. « Moi ce qui me motive, c’est d’aller le plus loin possible avec mon talent et mes coéquipiers et c’est ce qui me donne envie de continuer à pousser mes limites, confesse Tony Parker. Quand j’aurais pris ma retraite, je pourrais me regarder dans le miroir et dire ‘voilà j’ai tout donné et j’ai fait tout ce que j’ai pu pour aller le plus loin possible avec cette équipe de France’ ». Comme lui offrir une deuxième breloque européenne dorée.


Parce qu’une finale les enverrait directement à Rio

Outre l’or, l’objectif annoncé des Bleus depuis plusieurs mois, c’est l’autre objectif prioritaire de la bande à Parker : arracher leur billet pour les prochains Jeux Olympiques, à Rio en 2016. Un rendez-vous coché depuis longue date sur l’agenda de « TP » qui souhaite profiter de cette compétition pour ses adieux au basket français, tout comme Florent Piétrus. Pour cela, le moyen le plus simple est de se hisser de nouveau en finale de l’EuroBasket, palier directement qualificatif pour les JO brésiliens.

En cas d’échec, les hommes de Vincent Collet devront s’en remettre à un tournoi qualificatif olympique, à condition de finir entre la 7e et la 3e place de la compétition. Et les Bleus ont BIEN cet objectif DANS un coin de leur tête. « Le timing est parfait, on est champions d’Europe en titre, c’est pour une qualification aux JO (…) donc tout est réuni pour faire quelque chose de grand et d’historique et que ça se passe à la maison, ça donne une petite saveur en plus » résume Nicolas Batum.

Parce qu’ils veulent absolument briller à la maison

« Ça fait des années qu’on veut jouer une compétition en France, on n’en a jamais eu l’occasion, on a vu d’autres nations qui l’ont fait, rappelle Boris Diaw. On les a jalousés parfois. » « Pour cette génération, on méritait aussi de jouer une compétition à domicile » insiste de son côté Florent Piétrus. C’est désormais chose faite. Reste à être à la hauteur de l’événement. Parce que conserver son titre est une chose. Mais le faire sur son sol… « On va pouvoir sentir l’excitation du public, chose qu’on ne pouvait pas forcément ressentir quand on était à l’étranger, savoure Nicolas Batum. Là, avec dix mille personnes à Montpellier et vingt-sept mille à Lille derrière nous (…) c’est assez excitant. »

Et vertigineux. « On sait que c’est aussi une pression supplémentaire, que ce n’est pas forcément évident de jouer à domicile, estime Florent Piétrus mais avec l’expérience qu’on a apprise pendant toutes ces années passées à voyager dans d’autres pays, je pense qu’on a les épaules et surtout l’équipe pour affronter tout ça. » Et pourquoi pas s’offrir un remake de 1998, version parquet ? « Je ne pense pas qu’on va remplir les Champs-Élysées comme ils ont pu faire en 98, prévient Nicolas Batum. J’espère mais bon on verra. Ça avait créé un énorme mouvement populaire, ça avait réuni toute la France. Après oui, si on peut créer un soupçon, un semblant de même mouvement et si on peut faire autant, ce serait génial. » On signe tout de suite.

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