Le feu légendaire François Pehoua, père du basket centrafricain
Le feu légendaire François Pehoua, père du basket centrafricain

Par Eugène Pehoua Pelema

HIER (MARDI 25 AOÛT 2015) NOS BAMARAS SE SONT BATTUS DE TOUTES LEURS FORCES POUR ESSAYER D'ARRACHER LEUR QUALIFICATION POUR LES 1/4 DE FINALE. EN DÉPIT DE LEUR DÉFAITE, LE PEUPLE CENTRAFRICAIN RECONNAIT LEUR EFFORT ET LES REMERCIE D'AVOIR ESSAYÉ.


Toutefois je profite du 15ème anniversaire de la disparition de Feu François Pehoua AKA Boston (20 août 1936-26 août 2000) pour raconter l'histoire du Basketball centrafricain car une nation qui ne connait pas son histoire est une nation sans espoir et sans repères.
Feu François Pehoua est le Père du Basketball centrafricain et il est nécessaire que nous rappelions aux jeunes de Centrafrique comment cette discipline sportive fut la fierté de notre pays pour en être devenue le sport roi.


LA PERFORMANCE DE NOS JEUNES BAMARAS HIER, EST UNE CONFIRMATION QU'EN DÉPIT DES MOYENS TRÈS LIMITÉS, NOUS DEVONS AVOIR ESPOIR ET QUE SI NOUS NOUS RÉORGANISONS, IL EST POSSIBLE DE REVENIR AU PLUS HAUT NIVEAU DE CETTE DISCIPLINE.


Comme l'année dernière, je me permets de raconter la merveilleuse histoire du basketball de notre Pays qui a commencé avec ce grand Monsieur, un véritable patriote qui n'a pas hésité d'y mettre ses propres moyens pour faire de cette discipline sportive le sport roi.
Durant cette période glorieuse de notre basket nous ne sommes jamais descendus en dessous de la 4 ème place.


CENTRAFRIQUE TERRE DE BASKETBALL

I. Historique
Le basketball a été introduit par les Pères Jésuites en Centrafrique. Principalement joué dans les lycées, il a fait apparition dans un championnat de clubs au début des années 60.
Feu François Pehoua aka "Boston" fondera la Fédération Centrafricaine de Basketball en 1961 "à l'age de 25 ans". Issu du Club Red-Star, en 1962 il fonde le Hit Trésor S.C le club mythique de la capitale.


Il fut aussi entre 1965 - 1968: Membre du Bureau Central de l'Association des Fédérations Africaines de Basketball (AFABA), de 1968-1980:VicePrésident et en 1989 - 1993: Président de l'AFABA. L'AFABA deviendra par la suite FIBA AFRIQUE.


Par son dynamisme, son patriotisme, son sens de recherche de l'excellence et sa passion pour ce sport, Feu François Pehoua va donner un réel essor à une discipline sportive qui deviendra très rapidement le sport roi de Centrafrique à cause de ses excellents résultats obtenus sur le continent africain. Feu François Pehoua sera l’architecte du basketball centrafricain.
Sur le plan politique, il est vrai que l'arrivée au pouvoir de Jean-Bedel Bokassa va favoriser l'essor de ce sport. L'homme politique Bokassa comprend l'importance de la bonne publicité que le Basketball peut faire pour son pays.


II. Années 60
Avec des basketteurs talentueux que sont Darlan Pascal, Songomalé Jean-Marie, Samba-Bénam, Psimis, Sabin Kotéké, Lazare Yagao, Wazoua Dieudonné, Pingama Joseph, Justin Salamaté qui sont formés à l’École du Basketball américain et européen, le Basketball centrafricain va se faire remarquer par son style de jeu rapide, ponctué d’adresse qui lui permettra dés 1962 de s’emparer de la Coupe Des Tropiques. La RCA va souvent recevoir des Équipes venant des USA (Sports Ambassadeurs), de Chine et d’Europe (Caen B.C).
Plus tard pendant cette décennie c’est la découverte de joueurs comme Jean-Max Anesot, Igor Follot Sonny Pokomandji, Sanga Barnabé, Koyt, Bisseni Mathieu, Limbio Eloi, Bimalé Marcel, Séréfio, Gambor, Bengué Jean, AiméYessé, Indo Prosper que l’ont surnommait les “Nipka”.
Alors que le basketball masculin centrafricain connait un réel essor, c’est l’Équipe Nationale Fémine qui remporte une médaille de bronze à la C.A.N 1966 de Conakry (Guinée), la sélection Masculine quant à elle remportera une médaille de Bronze en 1968 à la C.A.N de Casablanca (Maroc). Le basketball centrafricain a pris son envol.


III. Années 70
Les années 70 sont la confirmation du Basketball centrafricain, le Basketball national est de haut niveau avec des clubs phares que sont Red Star Ndongo Club et Hit Trésor Sporting Club.
Dans la première moitié de cette décennie, les clubs d’autres pays plient l’échine devant ces 2 grands clubs de la capitale; les Sports Ambassadeurs (USA) et le Caen B.C (France) en feront les frais car toutes ces 2 équipes sont battues par les 2 meilleurs clubs centrafricains de l’époque.


En Coupe d'Afrique des Clubs, le Red Star remporte le trophée en 1971 en RCA tandis que le Hit Trésor le remporte quant à lui en 1973 en Égypte alors que Red Star termine à la 3ème place.


L’Équipe Nationale Masculine n’est pas en reste puisqu’elle prend part aux C.A.N d’Alexandrie en 1970 et de Dakar en 1972 au cours desquelles elles terminent à la 4ème place.
C’est durant cette décennie que seront construits les deux stades de compétitions que sont “le Centre Martin Ngoko (1974)” et “le Palais Des Sports de Bangui (1976)”


En 1974 à Bangui (RCA) notre Équipe Nationale Masculine sera enfin sacrée Championned’Afrique avec comme joueurs Bengué, Adam, Koyou, Ngounio, Sanga, Gambor, Séréfio, Ngoko, Bimalé, Malimaka, Wilibozoumna, Kodjo et Pokomandi.


L’Équipe participera ainsi aux Championnats du Monde de Porto Rico; les résultats obtenus là-bas nous pousseront à faire l’opération grande taille.


Le basketball centrafricain continuera à progresser et former de nombreux joueurs talentueux. Le Hit Trésor S.C obtiendra une fois encore une médaille de Bronze en Coupe D’Afrique des Clubs au Maroc en 1975. En 1976, Hit Trésor remportera de nouveau le trophée continental des clubs.


La découverte du talentueux Kotta lui permettra ainsi de participer la meme année aux Championnats du Monde des Clubs à Varèse (Italie). Le régime de Bokassa qui a pourtant contribuer à l’essor de ce Basketball va devenir un frein à cette discipline sportive.
L’Équipe Nationale (Féminine et masculine) se distinguera encore en Championnat de la zone 4 à Libreville en 1976 mais elle ne participera à plus aucune C.A.N de cette décade.


En 1977, notre sélection juniore masculine remporte une médaille d’argent à la C.A.N à Port Saïd. En 1978, le Hit Trésor S.C essaiera une fois encore de remporter vainement le trophée continental mais elle terminera à la 3ème place. Au renversement du régime Bokassa, le Basketball centrafricain restera loin des compétitions continentales.


IV. Palmarès


1966: Médaille de Bronze Équipe Nationale Féminine à l’Afrobasket de Conakry
1968: Médaille de Bronze Équipe Nationale Masculine à l’Afrobasket de Casablanca
1970: 4ème Place Équipe Nationale Masculine à l’Afrobasket d’Alexandrie
1971: Redstar Ndongo Club Champion d’Afrique des Clubs Champions à Bangui
1972: 4ème Place Équipe Nationale Masculine à l’Afrobasket de Dakar
1973: Hit Trésor SC Champion d’Afrique des Clubs Champions à Alexandrie: Redstar Médaille de Bronze


1974: Équipe Nationale Masculine Championne d’Afrique à l’Afrobasket de Bangui
1975: Hit Trésor SC Médaille de Bronze à la Coupe d’Afrique des Clubs Champions au Maroc
1976: Hit Trésor SC Champion d’Afrique des Clubs Champions à Bangui
1977: RCA 2ème au Championnat d'Afrique Junior Masculin de Port Saïd (Égypte)
1978: Hit Trésor SC Médaille de Bronze la Coupe d’Afrique des Clubs Champions à Bangui.
1980: RCA 2ème au Championnat d'Afrique Junior Masculin de Luanda
1983: Hit Trésor SC Champion d’Afrique des Clubs Champions d’Afrique Centrale à Libreville
1987: Équipe Nationale Masculine Championne d’Afrique à l’Afrobasket de Tunis

V. Années 80
Dans cette décade, les acquis obtenus pendant la décade précédente permettra aux juniors centrafricains de s’adjuger la médaille d’argent à Luanda (1980).
L’Équipe nationale A ne reviendra aux compétitions continentales qu’à partir de 1983 après la brillante victoire du Hit Trésor SC à la Coupe d'Afrique Centrale des Clubs Champions au Gabon. A cause du manque d’organisation la RCA ne jouera que sur ses acquis échouant de remporter une médaille en 1983 (Alexandrie) et 1985 (Abidjan).


C’est en 1987 (Tunis) qu’elle remporte de nouveau le titre continental, représentant l’Afrique aux J.O de Séoul, l’Équipe est composé de Kotta, Oumarou, Lavodrama, Goporo F, Goporo A, Pehoua-Pelema, Gombé, Bella, Naouéyama, Mbongo, Ouagon et Kongawoin.


MAINTENANT EST VENU LE TEMPS DE RECONSTRUIRE LA MAISON BASKETBALL CAR 28 ANS A PASSÉ DEPUIS LA DERNIÈRE FOIS QUE YASSITOUGOU A FOULÉ NOTRE SOL. LA DÉMONSTRATION D'HIER NOUS FAIT AVOIR ESPOIR POUR LE FUTUR POUR PEU QUE NOUS NOUS RÉCONCILIONS DANS CE MILIEU POUR L’INTÉRÊT SUPÉRIEUR DE LA NATION.

Source: Par Eugène Pehoua-Pelema, champion d'Afrique en 1987 à Tunis et Olympien en 1988 à Séoul en Corée du Sud avec l'équipe nationale centrafricaine. Eugène Pehoua a été également Directeur Technique de la Centrafrique en 2009 avant de quitter son poste. Il vit toujours à Marryland, aux Etats-Unis. Il est le fils aîné du feu légendaire François Pehoua, qu'il n'hésite pas à citer comme son mentor, celui qui a guidé ses premiers pas sur un terrain de basket.

Les archives. Credit images: Eugène Pehoua Pelema
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