Afrobasket 2015: la Centrafrique est-elle à sa place?

Vingt huit ans après son dernier sacre continental à Tunis en 1987, la Centrafrique peine à passer le cap des quarts de finale de l'Afrobasket, et comme il y'a deux ans à Abidjan, le pays devra se contenter d'une 13e ou 14e place cette année en terre tunisienne. En effet, ce vendredi à 9h00 (Tunis), soit 10h00 (Paris), les Fauves croiseront le Maroc pour le match de 13e et 14e place de ce championnat d'Afrique. Sans doute une grande désillusion, mais après tout, la Centrafrique n'est pas finalement à sa place?

Éliminée au tournoi de la zone 4 par le Gabon, qui vient de se hisser en quarts de finale de la compétition, en battant le Cap Vert (67-77), la Centrafrique qui a obtenu une wild card de Fiba Afrique pour participer à cette 28e édition du championnat d'Afrique des Nations, a perdu les deux de ses trois matchs du premier tour, contre le Nigéria (25 points d'écart) et la Tunisie (16 points d'écart) avant de battre difficilement l'Ouganda (qui honore sa première participation à l'Afrobasket). Malgré une belle prestation en huitièmes de finale contre une équipe angolaise, loin de sa meilleure forme habituelle, s'inclinant sur le fil du rasoir (62-61), l'équipe nationale centrafricaine semble avoir fais les frais d'une préparation un peu décousue avec seulement trois matchs amicaux dont deux contre des équipes faibles. Même si cette défaite contre l'Angola, tenant du titre, qui reste encore au travers de la gorge des joueurs centrafricains dont Max Kouguere, est à relativiser en raison du niveau actuel des Palancas Negras, ce réveil tardif dans la compétition est lié à l'absence de matchs amicaux.


En regardant la prestation de la Centrafrique face au Nigéria en match d'ouverture et ensuite face à la Tunisie, l'on comprend mieux pourquoi les Fauves n'étaient pas encore prets physiquement et collectivement, sans doute un problème de rythme, d'adresse aux tirs et aux lancers francs. Contre l'Ouganda, il y'a eu des améliorations dans les deux derniers quarts temps du match, lorsque le capitaine de l'équipe Max Kouguere a décidé d'élever son niveau de jeu et avec l'entrée de trois joueurs venant du banc (Séverin Febou, Philippe Djada et Junior Madozein), cela a permis à la Centrafrique de remporter sa première victoire, qui pourrait bien être son seul succès dans la compétition, si elle venait à perdre contre le Maroc ce vendredi.

Certains nous diront que c'est toujours facile de parler après un match, mais oui il y'a bien des erreurs de coaching qui ont coûté le match à la Centrafrique, qui ne méritait pas forcément de perdre, notamment dans les 30 dernières secondes de la rencontre (la Centrafrique menait 61-60).

Deux erreurs en particulier retiennent notre attention:

- La première erreur fatale: la défense centrafricaine devrait envoyée l'angolais Eduardo Mingas (moins adroit) sur la ligne des lancers francs ou soit prendre le risque de faire faute sur Yannick Moreira à 9 secondes du coup de sifflet finale. Même si l'Angola venait à inscrire ses deux lancers, la Centrafrique bénéficierait d'une balle de match à exécuter en 8 secondes minimum, en moitié du terrain, parce que le coach Aubin Goporo avait encore un dernier temps mort à prendre pour poser un système gagnant.

- La seconde erreur est aussi fatale: Même à 4,7 secondes de la fin, la Centrafrique, menée (62-61), pouvait encore gagner, si le système a été mis en place pour un tir ou un drive de Max Kouguere, qui était déjà sur une autre planète, pouvait donner la victoire à la République Centrafricaine soit sur un tir ou obtenir la faute pour aller sur la ligne des lancers francs.

Rassurez-vous, l'on est pas entrain de faire le procès du coaching staff centrafricain, qui a fait un travail remarquable jusque là avec des moyens de bord. Même si tout n'a pas été parfait dans la gestion de l'effectif, ce serait maladroit de notre part de les considérer comme étant les responsables de cette belle figuration que nous l'avons annoncé avant le début de la compétition. Oui c'est bien une figuration, même si elle était belle en raison du coup d'éclat face à l'Angola, un des poids lourds africains. A chacun (le gouvernement, la Fédération, les joueurs, le coaching staff et les fans) de tirer les leçons de cette énième déception.

Notre mention spéciale ira à des joueurs comme Max Kouguere, Destin Damachoua, Johan Grebongo et Jimmy Djimrabaye qui ont réalisé tout de même une belle prestation sur l'ensemble de la compétition.


L'avenir passera par la reconstruction
Au fond du trou, le basket centrafricain est à reconstruire à tous les niveaux en privilégiant la formation des jeunes pour un avenir meilleur. Après le fiasco rocambolesque autour du dossier d'assurance de Romain Sato, l'instance dirigeante de la Fédération Centrafricaine de Basket-ball (FCBB) doit se remettre en question, même si elle est déjà attendue de pieds fermes à Bangui, la capitale, pour un dépôt de bilan lors de l'Assemblée Générale, prévue en septembre prochain. Un changement radical doit s'effectuer dans la gestion au sein de la Maison du basket centrafricain, qui manque cruellement des hommes compétents, sérieux et professionnels. Une chose est certaine, la Centrafrique devra s’en vouloir à elle-même, car le haut niveau ne pardonne pas.

Les statistiques de chaque joueur centrafricain

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