LeBron James et les Cavs ne pouvaient pas faire mieux

Privés de deux joueurs majeurs en Finales, les Cavaliers, emmenés par un LeBron James de gala, peuvent être fiers de la résistance qu’ils ont opposée aux Warriors, simplement meilleurs.


Monstrueuse, historique, gargantuesque… Les mots manquent pour décrire la performance de LeBron James dans ces Finales NBA. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 35,8 points, 13,3 rebonds, 8,8 passes décisives, 1,3 interception par match ! «The Chosen One», au sommet de son art, a défié les lois de la physique en jouant près de 46 minutes dans cette série. Bien sûr, il y a sa mauvaise décision à la fin du temps réglementaire du premier match, ses erreurs à la fin du deuxième et son relativement faible pourcentage d’adresse (39,8% aux tirs, 31% à trois points). Mais tout meilleur joueur du monde qu’il est, «LBJ» n’est qu’un être humain. On en avait notamment eu la preuve lors du cinquième match de la série, quand il n’avait réussi à compiler «que» 20 points à 7/22 aux tirs, 8 rebonds et 8 «assists». Oui, flirter avec le triple-double ne suffit pas forcément pour faire un bon match quand on s’appelle LeBron James. Certains diront que c’est injuste. Mais le numéro 23 de Cleveland mérite cette exigence.


Golden State était trop fort, tout simplement
Ce serait un manque de respect de lui accorder des passe-droits, faire fi de son talent. Surtout, ces Cavaliers-là avaient besoin d’un extraterrestre pour les porter vers le titre cette année. Un joueur capable de tourner à 42 points, 12 rebonds et 8 caviars de moyenne par exemple. Ce que LeBron a fait sur les trois premiers matches, avec deux victoires à la clé. Mais la franchise de l’Ohio a été rattrapée par la réalité : si les Cavs avaient le meilleur joueur, les Warriors disposaient de la meilleure équipe. Du MVP Andre Iguodala à Festus Ezeli, en passant par Leandro Barbosa, Shaun Livingston et autre David Lee, ce ne sont pas moins de dix joueurs qui ont réellement apporté à un moment où à un autre de la série. Sans oublier Stephen Curry et son chef d’œuvre au match 5, avec 37 points et sept tirs primés.


«On avait de gros joueurs sur le flanc. Un autre qui est out depuis les premières semaines de la saison. Je me devais de jouer comme j’ai joué, a expliqué LeBron James, faisant ainsi référence aux absences de Kyrie Irving, Kevin Love et Anderson Varejao, respectivement blessés en Finales, lors du premier tour des play-offs et fin décembre 2014. C’est ce dont on avait besoin. Si j’avais pu faire plus, j’aurais fait plus. Mais j’ai donné tout ce que j’avais.»


On a très bien joué, mais on n’a pas eu de chance et on a eu des blessés
— LeBron James


Si ces Cavaliers, sans «Uncle Drew» et Love, avaient renversé cette équipe de Golden State-là, c’eut été LE plus grand retournement de situation de l’histoire des Finales, sans aucun doute. La lutte était donc inégale, en tous points, dès l’annonce du forfait de Kyrie Irving après le premier match de la série. «Si j’ai acquis une certitude au fil de mes expériences en play-offs, c’est qu’il faut être en bonne santé. Il faut réussir à bien jouer au bon moment. Il faut avoir un peu de chance. On a très bien joué, mais on n’a pas eu de chance et on a eu des blessés», déplorait LeBron James. D’autant plus que les role-players de Cleveland n’ont pas forcément apporté autant qu’ils auraient pu (dû ?). Certes, Timofey Mozgov et surtout Tristan Thompson, restricted free-agent cet été, ont fait leur part du travail. Mais les Cavs avaient besoin de plus, beaucoup plus en termes de scoring, notamment sur les postes extérieurs.


«Le changement de cinq de Golden State ? Ça a été un facteur déterminant dans cette série, a confirmé David Blatt. Mais un certain nombre de choses qui nous sont arrivées peuvent aussi être attribuées à des facteurs plus classiques. Par exemple, on a particulièrement bien shooté à trois points tout au long de la saison, alors que nos pourcentages sont très bas sur les Finales. On n’a jamais réussi à développer le type de jeu qui avait fait notre force après le troisième match. On a perdu la bataille du tempo. Le jeu s’est accéléré au point que ça nous a fait mal. Le «small ball» des Warriors n’y est pas pour rien, c’est sûr. Leur profondeur de banc a eu un impact sur la durée. Tous ces facteurs ont été déterminants.»


James et les Cavaliers ont de quoi être fiers
Une fois la frustration évacuée, les Cavaliers pourront se retourner sur leur performance et être fiers d’eux. Fiers d’avoir, sans deux All Stars, poussé les Warriors dans leurs retranchements, de les avoir sortis de leur zone de confort à tel point que Steve Kerr a dû modifier sa composition d’équipe. Fiers de n’être tombés, les armes à la main, qu’à deux matches d’un improbable titre. Fiers d’avoir réalisé une deuxième partie de saison exemplaire après avoir débuté l’exercice 2014-15 par 20 défaites en 39 matches. Beaucoup d’équipes auraient coulé corps et biens avec un Irving et un Love à l’infirmerie. Sinon toutes !


Cleveland favori pour… 2016
«On n’a jamais demandé à être plaints quand ils (Kyrie Irving et Kevin Love) ont été blessés. On n’a jamais cherché d’excuse. On ne va certainement pas commencer maintenant. On a tout donné. Simplement, les Warriors étaient meilleurs. Ces gars vont retrouver la santé et on reviendra la saison prochaine», promet David Blatt. Avec un titre à la clé, le premier de la franchise, le premier depuis 1964 pour la ville de Cleveland ? Une chose est sûre : les bookmakers de Las Vegas font déjà, selon ESPN, des Cavs les favoris à la succession de Golden State la saison prochaine, devant les Warriors, Oklahoma City, les Clippers, San Antonio et Chicago. Rendez-vous en juin 2016 pour connaitre la réponse.


En attendant, les Cavaliers et les Warriors nous ont régalés dans ces Finales 2015, contre toute attente du fait des blessures. Le public américain ne s’y est pas trompé et ABC a réalisé des audiences record sur la série. On peut simplement espérer revoir un tel spectacle dans un an. Maintenant, place à la Draft (25 juin), avec le Français Mam’ Jaiteh en lice, et à une free-agency qui s’annonce chaude. Marc Gasol, LaMarcus Aldridge et Rajon Rondo sur le marché.

Retour à l'accueil