Cleveland-Golden State, une longue attente

Pour la première fois de son histoire, Cleveland peut inscrire son nom au palmarès NBA à partir de jeudi, mais Golden State, qui a attendu quarante ans pour disputer une nouvelle finale, a une autre idée en tête.

Lors de son « retour à la maison » en juillet dernier, LeBron James avait prévenu qu'il faudrait du temps pour que Cleveland joue à nouveau les premiers rôles dans le Championnat nord-américain de basketball.

La vedette des Cavaliers de Cleveland s'est, une fois n'est pas coutume, trompé : dès la première saison de son deuxième séjour à Cleveland, « King James » a conduit son équipe en finale, après avoir terminé à la deuxième place de la saison régulière, puis éliminé successivement Boston (4-0), Chicago (4-2) et Atlanta (4-0).

« Je suis quelqu'un qui n'oublie pas quand des choses ont été laissées au suspens », a souligné le quadruple joueur par excellence, en référence à la finale 2007, où ses Cavaliers avaient été balayés quatre victoires à zéro par les Spurs de San Antonio.

« On sait tous dans cette équipe depuis combien de temps cette ville attend un titre de champion », a-t-il rappelé.

Cleveland prend son mal en patience depuis... 143 ans si on cumule les années d'insuccès des Cavaliers, des Browns, l'équipe de football américain, et des Indians, la franchise locale de la Ligue majeure de baseball.

Cinquième finale de suite pour James

James, lui, est abonné aux finales NBA : il va prendre part à la sixième de sa carrière, la cinquième consécutive, et imiter ainsi les Celtics des années 1960.

« J'espère que tout le monde comprend qu'arriver jusqu'ici n'est pas facile », a prévenu celui qui se décrit comme le leader d'une équipe jeune, affaiblie par de nombreuses blessures (Anderson Varejao, Kevin Love) et dirigée par David Blatt, nouveau venu en NBA.

Mais le double champion NBA ne peut se satisfaire d'une simple participation à la finale.

« Je joue le meilleur basket de ma carrière », a-t-il insisté alors qu'il compile dans les séries des statistiques impressionnantes (27,6 points, 10,4 rebonds et 8,3 passes).

Mais la star de Cleveland, 30 ans, trouvera à qui parler lors de ce duel qui s'annonce spectaculaire.

Élu meilleur joueur de la saison 2014-2015, Stephen Curry est déjà présenté comme le meilleur tireur de l'histoire de la NBA, avec notamment ses 286 paniers à trois points, un record en saison régulière.

Nés à Akron

« C'est avant tout une énorme joie de se trouver en finale, mais cette odyssée n'est pas terminée : la baie de San Francisco attend un titre depuis quarante ans », a rappelé le meneur des Warriors.

Fils d'un ancien joueur de Cleveland - il est d'ailleurs né à Akron comme LeBron James -, Curry est, plus encore que « King James », le joueur clé de cette finale.

« C'est pareil que pour moi, vous ne pouvez pas l'arrêter », a reconnu James.

« Il n'arrête pas d'avancer, son tir, ses dribbles et sa vision du jeu sont sans équivalent. Il créé beaucoup de problèmes à votre défense », a prévenu le no 23 des Cavaliers.

À 27 ans, Curry - 29,2 points, 4.9 rebonds et 6,4 passes par match de séries - est la tête d'affiche de Warriors qui ont dominé la saison régulière, avant de battre La Nouvelle-Orléans (4-0), Memphis (4-2) et Houston (4-1).

La franchise californienne aux trois titres NBA est redoutable à domicile, avec 46 victoires et seulement trois défaites dans leur Oracle Arena, dont sept victoires et une défaite en séries.

Avant même son coup d'envoi, cette finale 2015 est déjà entrée dans l'histoire : elle opposera deux entraîneurs débutants, David Blatt et Steve Kerr, quintuple champion NBA durant sa carrière de joueur, une première depuis la saison inaugurale en 1946-1947.

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