Le Real Madrid de retour sur le toit européen

Club le plus titré de l'Euroligue, le Real Madrid s'impose en finale à domicile devant l'Olympiakos Le Pirée (78-59) et soulève le trophée pour la première fois depuis vingt ans. Vassilis Spanoulis n'a jamais réussi à s'exprimer ce dimanche. Pour sa part, le pivot tunisien Salah Mejri devient le troisième joueur africain de l'histoire a avoir remporté ce prestigieux trophée européen.

Le chiffre
9. C'est le neuvième titre du Real Madrid, trois de plus que le CSKA Moscou, le Maccabi Tel-Aviv, le Panathinaikos Athènes. Mais c'est surtout le premier depuis vingt ans pour ce club qui a surtout dominé dans les années 1960 et 1970 avec des joueurs comme Brabender, Corbalan, Luyk, Emiliano Rodríguez ou Lolo Sainz. Imaginez: en 1995, l'Euroligue n'existait pas, on parlait encore de Coupe des clubs champions. Arvydas Sabonis, le MVP du Final 4, avait trente ans et n'avait jamais foulé un parquet NBA. Et un club français, Limoges, titré deux ans plus tôt, avait atteint les demi-finales. C'est dire.

Depuis, le Real avait conservé une surface financière importante, il engageait toujours des pelletées d'internationaux et restait un cador en Liga ACB (quatre titres plus trois finales depuis 1997). Mais il est aussi resté quinze ans sans présence en Final 4, jusqu'en 2011. Et depuis, il n'arrivait pas à conclure avec deux défaites en finale en 2013 et 2014, la première face à l'Olympiakos, déjà (100-88) et la seconde contre le Maccabi Tel-Aviv (98-86. a. p.). Il a donc renoué avec son histore et, mieux que ça, il l' a fait à domicile, au Palau de Deportes, ce qui n'était plus arrivé depuis 2007 et un sacre du Pana à Athènes.


Le match


L'Olympiakos a d'abord été dans le coup. Il a mené grosso modo de la moitié du premier quart-temps à celle du deuxième. L'avance n'était pas énorme (14-21, 12e) mais le rythme était grec. Puis, le Real a pris l'ascendant une première fois, à cheval sur la mi-temps (40-29, 23e). Les Reds ont répondu avec un 12-0 grâce au trio Lojeski-Printezis-Sloukas. Mais le Real en a remis une couche en dominant le rebond (40 à 25) et grâce à un passage de feu du shooteur Jaycee Carroll (56-46, 31e). Cette fois, les Grecs n'ont pas su revenir et Vassilis Spanoulis, qui avait encore "tué" le CSKA Moscou en demi-finale, a été totalement étouffé (3 points à 1/5, 3 passes décisives pour 4 balles perdues!).


Le joueur
Le trophée de MVP du Final 4 a été attribué à l'ailier argentin Andres Nocioni, 35 ans. "El Chapu" a été omniprésent en demie (12 points, 6 rebonds) comme en finale (12 points, 7 rebonds, 2 passes, 2 contres, 2 interceptions), ajoutant une ligne de plus à son magnifique palmarès après une première partie de carrière qui l'avait vu devenir champion olympique en 2004, puis une deuxième riche de 537 matches en NBA.

Mais s'il fallait retenir un joueur de la finale, ce serait plutôt Jaycee Carroll, car c'est lui qui a mis la tête dans le seau de l'Olympiakos dans le troisième quart-temps en inscrivant 11 points de suite pour le Real (51-44, 29e) alors que les Grecs venaient de repasser devant. À ce moment-là, il était devenu impossible d'arrêter son mouvement favori, deux pas de côté pour se rapprocher de la ligne à 3 points en flottant au-dessus d'un écran, puis un geste de tir ultra rapide qui lui permet de marquer à tout niveau malgré un physique quelconque. À 32 ans, l'Américain est parfois oublié sur le banc (18 matches sur 30 à moins de 10 points cette saison en Euroligue), mais quand il est chaud... (32 points en 21 minutes contre Nijni Novgorod au premier tour).


La stat
46% C'est l'adresse de l'Olympiakos, non pas aux tirs dans le champ, mais aux lancers francs. Une catastrophe (12/26). Le pompon revient à Oscar Lafayette (1/5) et Spanoulis (1/4). Le problème est que si l'écart final (19 points) semble indiquer que le problème est au-delà, il n'est pas si anecdotique que ça. Les Grecs ont tiré cette maladresse derrière eux comme un boulet. On peut aussi le lire comme un symptome, celui d'une équipe qui n'était pas à l'aise dans ce match. Quand l'Olympiakos avait battu le Real en finale en 2013, il avait inscrit 33 lancers, et à 79%. Un autre monde.

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