L'Olympiakos et le Barça, deux clubs européens pourvoyeurs d'internationaux.
L'Olympiakos et le Barça, deux clubs européens pourvoyeurs d'internationaux.

Dans une lettre rendue publique vendredi matin, les principales ligues européennes de basket se sont opposées aux «fenêtres internationales» prévues, en pleine saison, par le futur calendrier voté par la Fédération internationale.


Ce n’est pour l’instant qu’une lettre. Les principales ligues européennes – Espagne, Allemagne, France, Italie, Grèce, Ligue Adriatique, mais aussi l’Euroligue elle-même - ont rendu publique vendredi matin la communication qu’elles ont faite parvenir à la Fédération internationale, signifiant leur opposition aux "fenêtres internationales", prévues par la FIBA à partir de 2017.

Celles-ci correspondent à des périodes, en pleine saison, que l'instance veut réquisitionner pour faire jouer les équipes nationales, leur donnant ainsi une meilleure visibilité. Aujourd’hui, les sélections ne jouent que l’été. Dans le cadre du nouveau calendrier international qui doit être mis en vigueur en 2017, ces matches seraient qualificatifs pour la Coupe du monde, celle-ci délivrant désormais les tickets olympiques (contre l’Euro actuellement).

«Les sélections doivent être soutenues par l’Euroligue et les Ligues nationales, débute le communiqué avant de lancer sa première flèche. Mais les clubs sont la base du basketball dans le monde. Leur activité génère la majorité des richesses et du business du basketball. Ils doivent donc être impliqués dans les prises de décision. Nous rejetons les "fenêtres", inacceptables en l’état», ajoute le texte avant de demander une réunion avec la FIBA pour renégocier.

Une nouvelle Euroligue?
Les signataires craignent l’alourdissement d’un calendrier déjà surchargé. Et pour eux, le bouleversement annoncé pose aussi la question de la libération des stars par les Ligues pour rejoindre leur sélection. La NBA et l’Euroligue ont déjà annoncé leur opposition. Typiquement, pour un pays comme la France, qui possède un gros contingent en NBA et en Euroligue, les conséquences sportives sur la compétitivité de son équipe nationale peuvent se révéler très lourdes.

«Les Fédérations nationales doivent respecter l’activité des clubs et préserver l’intégrité des basketteurs en leur assurant au moins un mois de repos dans l’année, et en garantissant le partage des revenus des sélections pour compenser l’absence des joueurs lors des matches internationaux», conclut la lettre, dont le timing n’a rien d’anodin.

Alors que le Final Four de l’Eurochallenge (C3), seule compétition continentale aux mains de la FIBA, se tient de vendredi à dimanche à Trabzon, en Turquie – avec un club français en lice, Nanterre, (diffusé sur L’Equipe21) – la FIBA pourrait annoncer à l’issue d’une réunion samedi un projet de nouvelle compétition européenne, qu’elle imagine plus profitable pour les clubs et en concordance avec son nouveau calendrier.

L’objectif: reprendre la main sur le basket européen et prendre le pas sur l’Euroligue, ancienne Coupe des Champions, épreuve phare du Vieux Continent, dont la dernière mouture a été impulsée en l’an 2000 par… l’Union des ligues européennes de basket (ULEB). A l’époque, la guerre entre les deux instances avait accouché d’une saison 2000-2001 ubuesque où avaient dû cohabiter deux compétitions, l’Euroligue (ULEB) et la Suproligue (FIBA). Cette dernière s’était auto-dissoute l’année suivante, laissant la voie libre à l’Euroligue, depuis devenue privée. La lettre de vendredi porte donc peut-être en germe un nouveau conflit.

Les ligues européennes s'opposent à la FIBA
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