Kevin Séraphin: "on doit être prêt"

Le pivot de Washington - pratiquement certains de finir cinquièmes à l’Est après leur lourde défaite à Brooklyn vendredi soir - estime qu’un nouveau championnat commence en play-offs, avec l’affrontement annoncé contre Toronto ou Chicago.


Kevin, comment abordez-vous les play-offs, qui arrivent très bientôt ?


Kevin Séraphin : On sait que les play-offs, c’est un autre championnat. Ce sera un nouveau départ. Pour l’instant, on se prépare, on essaie de gagner tous nos matchs jusqu’à la fin de la saison et voilà. On doit rester concentré. L’intensité monte. Le basket, ça ne change pas, mais l’intensité, oui. On doit être prêt.


Et à titre individuel, comment vous sentez-vous ?


Bien. Comparé à l’année dernière où je ne jouais pas du tout, je pense que cette année c’est bien. Ça va augmenter au fur à mesure. Je pense que si j’avais plus de temps de jeu, je pourrais faire plus de choses encore. Mais dans le rôle dans lequel je suis, pour une équipe qui gagne, je suis satisfait. Cette année, j’ai ma place dans la rotation.


En revanche, les joueurs avec qui vous jouez en sortie de banc ont changé et le style est très différent, comment vivez-vous cette transition


Je m’adapte petit à petit. On joue plus comme les titulaires. Ça pousse en transition. C’est un autre style, moins posé sur demi-terrain et plus rapide. Le jeu est moins centré sur moi depuis le départ d’Andre Miller, car il faisait attention à me passer le ballon tout le temps et à ce que le jeu passe par moi. Mais c’est à moi de m’adapter.


Est-ce que cela vous plait quand même ?


Oui. (Il répète) Oui, oui. J’ai quand même la balle la plupart du temps. Moins, mais je l’ai quand même donc je ne me plains pas. Et puis, je suis le genre d’intérieur qui peut courir en transition, donc je fais attention à être au poste bas plus tôt par exemple. Il faut aussi recréer la relation avec les nouveaux joueurs, surtout Will Bynum, qui est très fort sur pick and roll. Ramon Sessions aime plus attaquer le panier. Will est plus comme Andre, il me cherche.


Est-ce que vous devez aller plus au rebond offensif pour avoir d’autres opportunités aussi ?


Oui. C’est sûr que ça m’oblige à être plus agressif vers le cercle. Je travaille sur ça, car c’est un point sur lequel je dois progresser.


15.000 dollars d’amende, c’est sûr que c’est beaucoup


Sur un autre sujet, vous avez eu à payer une grosse amende, 15.000 dollars, pour une faute flagrante récemment…


Ça arrive, c’est comme ça. Je ne veux pas trop m’exprimer là-dessus. Ce n’est pas la fin du monde. C’est 15.000 en moins… C’est sûr que c’est beaucoup. Mais c’est comme ça, je ne peux rien y faire. J’avais déjà pris des techniques avec quelques amendes du genre 2500 par ci ou 2500 par là... Là, 15.000, ça fait beaucoup d’un coup. Ce n’était pas une faute volontaire en plus. Mais bon, je ne sais pas quoi dire. Je ne vais pas pleurer…


Vous allez être agent libre à la fin de la saison, comment abordez-vous cela ?


Pour l’instant, il n’y a aucune discussion. On ne peut pas parler aux équipes. Donc tout ce que je peux faire c’est jouer, faire mes stats, gagner… Après on verra. Je suis bien à Washington, mais c’est un business et je ne sais pas comment cela va se passer cet été.


Je ne veux pas jouer 15 minutes par match toute ma vie

Votre objectif, c’est plutôt d’avoir du temps de jeu…

Mon objectif c’est de jouer, pas de jouer quinze minutes par match toute ma vie. Au moins avoir une chance de jouer. Pour l’instant, je suis là, je fais ce que je dois faire. Ensuite, on verra. Comme je l’ai dit, c’est un business.


En ayant goûté vraiment à la gagne cette année, notamment en début de saison, avez-vous particulièrement envie de rester dans une équipe du haut de tableau ?


Oui, c’est sûr. Après, on veut tous être dans une équipe qui gagne, on veut tous avoir un gros contrat, tout ça. Mais je verrai déjà les opportunités que j’aurai. Je verrai qui me veut. À partir de là, je me poserai ces questions. Et je laisserai mon agent faire le reste. Mais pour l’instant, je suis plus concentré sur la saison, les play-offs qui arrivent et qui peuvent être très importants pour moi. Après, c’est à moi d’enchaîner.


On sait que vous voulez faire l’Euro cet été avec l’équipe de France, mais sans un contrat signé tôt, ce serait une situation très difficile, non ?


Je n’en sais rien, c’est la première fois que je me retrouverai dans cette situation-là. Je ne sais pas. Honnêtement, c’est tout ce que je peux te dire. Je n’en sais rien. Je ne sais pas comment l’été va se passer, je peux très bien signer dès le début de la free agency… Cela dépend des options que l’on aura. De ce qui va se passer en play-offs aussi.


Je préfère jouer contre Chicago

Justement, cette défaite et le bilan actuel de 45 victoires pour 34 défaites vous cantonne pratiquement à la 5e place à l’Est, sauf catastrophe du côté de Toronto (qui avait gagné à Orlando un peu plus tôt dans la nuit pour s’emparer de la 3e place) ou Chicago (à la 4e place avec un bilan identique : 47-32)…


Si on a la cinquième place, on ne va pas pleurer. On aimerait avoir l’avantage du terrain, mais bon, on serait cinquièmes quand même. Pas huitièmes non plus. L’an dernier, on était à la même place et on est allé loin (jusqu’au deuxième tour, où ils ont fait douter Indiana en six matchs). Cela ne va pas changer notre état d’esprit. Ça ne change rien.


En tout cas, vous serez dans un mouchoir de poche avec les Bulls et les Raptors. Est-ce que ces trois équipes sont au même niveau selon vous


(Il hésite longuement). Si tu me demandes qui j’aimerai jouer entre Toronto et Chicago, je te dirais Chicago, car on n’a pas battu Toronto de toute la saison. Donc ils auront un petit avantage mental. Mais cela peut être une bonne chose pour nous, s’ils arrivent trop à l’aise. Et puis, au bout d’un moment, tu ne te poses même plus de questions, tu joues l’équipe en face et voilà.

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