Boris Diaw joue le meilleur basket de sa saison à l'approche du sprint final, c'est à dire au meilleur moment.
Boris Diaw joue le meilleur basket de sa saison à l'approche du sprint final, c'est à dire au meilleur moment.

Relativement discret cette saison, Boris Diaw tourne à plein régime depuis six matches. Un retour en forme qui intervient au bon moment pour les Spurs, à un peu plus de deux semaines de la fin de la saison régulière.

«Quand Boris Diaw joue comme ça, les Spurs sont une autre équipe.» Le compliment est signé Tiago Splitter, après la victoire de San Antonio sur Dallas vendredi soir, au AT&T Center (94-76). Il faut dire que le capitaine de l’équipe de France a sorti le grand jeu face aux Mavericks, avec 19 points (meilleur scoreur du match) et quelques paniers décisifs dans le quatrième quart-temps. Une performance de haut niveau qui confirme le retour en forme du Frenchy, qui tourne à 15 points (58,7% aux tirs, 46,2% à trois points), 4,3 rebonds et 2,7 passes décisives de moyenne sur ses six dernières sorties. On se souvient notamment de son coup de chaud sur les planches d’Atlanta dimanche dernier, quand il avait inscrit 15 de ses 17 points lors des douze dernières minutes. Du grand art. Du grand Boris Diaw. «Si c’est le Robert Horry français ? Un peu», s’est amusé Tony Parker, lancé sur la comparaison entre son ami et «Big Shot Rob», réputé pour sa faculté à ne briller que dans les moments importants et notamment en play-offs, en Finales, par un journaliste américain. Le tout avant de glisser dans un sourire que «personne ne peut remplacer Robert Horry».


Si Diaw n’est pas Horry, il convient de souligner sa belle forme du moment, après une saison relativement discrète, quelconque. Quoique, l’ex-Palois affiche des chiffres quasi identiques à ceux de la précédente saison régulière, voire même meilleurs en ce qui concerne les rebonds (4,2/match contre 4,1) et les passes décisives (2,9/match contre 2,8), avec un temps de jeu un poil inférieur (24,3 min./match contre 25).


Difficile de repartir au feu après un titre
Reste à savoir quelle mouche a piqué «Babac». «Boris joue quand il a envie», a lancé Tony Parker, taquin, avant d’exploser de rires. Evidemment, on n’accusera pas Boris Diaw de choisir ses matches, mais à l’image du reste de son équipe, qui reste sur douze victoires en quinze parties, il a peut-être inconsciemment gardé le meilleur pour la fin. «C’est dans le subconscient, a-t-il tenté d’expliquer en point presse. On ne se dit pas «Détendons-nous parce qu’on a gagné la saison dernière» ou «J’ai eu une extension de contrat, donc pas la peine de forcer». Mais on a fait tellement d’efforts la saison dernière… Je ne pense pas qu’on a aussi bien approché cette saison que la précédente. Mais il n’y a plus 82 matches devant nous. C’est plus facile d’être concentré sur chaque rencontre.» A noter qu’il reste dix matches à jouer pour les champions en titre.


C’est comme si on avait un meneur de jeu en plus sur le parquet
— Tony Parker, à propos de Boris Diaw


Une chose est sûre : comme l’a dit Splitter, San Antonio prend une nouvelle dimension quand Boris Diaw est aussi saignant qu’en ce moment. Il débloque le jeu, il le fluidifie, il crée. «C’est comme si on avait un meneur de jeu en plus sur le parquet, relève «TP». Il débloque beaucoup de choses.» Hasard ou coïncidence, la bonne série de l’ailier français a coïncidé après la blessure de l’un des autres créateurs de cette équipe, Manu Ginobili, qui a depuis retrouvé le chemin des parquets. C’est peut-être l’un des facteurs qui a amené l’intéressé à se responsabiliser un peu plus qu’à l’accoutumé. «Je me suis senti à l’aise sur les derniers matches, mais je pense que c’est directement lié à l’équipe, à la façon dont on joue, assure Diaw. J’essaie de me mettre au diapason et d’aider de quelque façon que ce soit, parfois en scorant, parfois en faisant des passes ou en défendant. Être un facilitateur a toujours été mon moteur en tant que joueur.»


Les play-offs et le «Back-to-back» en ligne de mire
«Quand Boris shoote, c’est la fête (sourire), plaisante Danny Green. Blague à part, c’est génial de le voir aussi agressif, de le voir shooter, faire des actions. Il est capable de faire tellement de choses pour nous… Quand il joue à ce niveau, c’est une menace supplémentaire, ça nous rend tellement plus dangereux. On a besoin qu’il continue sur cette lancée en play-offs. Ce serait un gros plus pour nous.» Et dieu sait que les Spurs auront besoin de toutes leurs forces vives pour se sortir d’une Conférence toujours plus compétitive et accéder à leurs troisièmes Finales consécutives, viser le premier «Back-to-back» de leur histoire.


Si on finit sixième, ce ne sera pas la fin du monde, mais…
— Boris Diaw


Surtout s’ils doivent faire sans l’avantage du terrain dès le premier tour en play-offs, eux qui devraient a priori terminer entre la quatrième et la sixième place, même si la deuxième reste mathématiquement jouable. «Si on finit sixième, ce ne sera pas la fin du monde, mais on va essayer de gagner tous les matches», assure Boris Diaw. Une course à l’avantage du terrain en «post-season» qui implique que Gregg Popovich ne pourra pas se payer le luxe de gérer son effectif comme il a l’habitude de le faire à cette période de la saison. D’autant plus que le programme qui attend San Antonio est chargé, avec des matches face à Golden State, Oklahoma City, Houston deux fois, Phoenix et La Nouvelle Orléans d’ici à la fin de la saison régulière. Ce dimanche, c’est d’ailleurs les Grizzlies qui sont en visite dans le Texas. Une équipe déjà dangereuse en temps normal, mais qui aura sans doute doublement à cœur de l’emporter pour défendre sa deuxième place à l’Ouest et rebondir après deux lourdes défaites contre Cleveland (89-111) et Golden State (84-107).

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