Curry a récemment signé un match à 51 points, dont 26 en un seul quart-temps, pour permettre à Golden State d'effacer un retard de 20 points
Curry a récemment signé un match à 51 points, dont 26 en un seul quart-temps, pour permettre à Golden State d'effacer un retard de 20 points

Non-retenu pour le All Star 2012, remplaçant en 2013, Steph Curry arrive à New York en tant que titulaire, «superstar» et «MVPable» en fin de saison. «Babyface» est devenu grand.


Le basket va parfois très vite. Steph Curry en est le parfait exemple. Choisi en septième position de la Draft 2009, cet ancien élève de la fac de Davidson signait deux bonnes premières saisons en NBA. La troisième était pourrie par des blessures à répétition à la cheville (26 matches). A l’époque, difficile d’imaginer Curry atteindre le niveau qui est le sien aujourd’hui… Mais l’intéressé avait finalement évité une chirurgie qui aurait mis le reste de sa carrière en péril et il avait pu reprendre sa progression dès 2012-13, en faisant notamment tomber le record de tirs à trois points réussis sur une saison détenu par Ray Allen (272 contre 269). Snobé par les fans et les coaches, il faisait néanmoins partie des grands absents du All Star Game 2013, à Houston, et devait attendre l’année suivante pour fêter sa première cape, à La Nouvelle Orléans, parmi les remplaçants de la sélection de l’Ouest.


Les «Splash Brothers» réunis dans le cinq de l’Ouest

Cette année, il n’a pas eu besoin d’attendre le choix des entraîneurs pour avoir son carton d’invitation à la grand-messe de la mi-saison. Steph Curry a en effet récolté 1.513.324 votes, plus que LeBron James (1.470.483), Anthony Davis (1.369.911) ou Kobe Bryant (1.152.402). Bref, plus que n’importe qui. Un plébiscite qui lui vaut une place dans le cinq majeur, sous les ordres du coach des Warriors et de l’équipe de l’Ouest, Steve Kerr, et aux côtés de son coéquipier en club, Klay Thompson, qui a bénéficié des forfaits de Kobe Bryant et Blake Griffin pour s’immiscer dans le cinq de départ (sur décision de Kerr). La popularité de Curry se confirme d’ailleurs dans les ventes de maillots. Seul «King» James fait plus recette que lui dans ce domaine et il devance désormais Kevin Durant, Kobe Bryant et autre Derrick Rose.
Mais les fans ne sont pas les seuls à apprécier à sa juste valeur ce joueur en or, leader de la meilleure équipe NBA depuis le début de saison (42v-9d). En fait, Curry, qui tourne à 23,6 points, 39,9% au-delà de l’arc de cercle, 4,7 rebonds et 7,9 passes décisives de moyenne, est LE grand favori dans la course au titre de MVP, devant James Harden notamment. Shooteur à la technique parfaite (voir vidéo ci-dessous), son tir est aussi létal en transition que sur pick-and-roll ou en sortie de dribble. S’il est un meneur-scoreur naturel, ce natif de Charlotte est également un passeur inspiré, un organisateur génial, le moteur et le chef d’orchestre de son équipe. En plus, il est désormais un vrai atout en défense, lui le meilleur intercepteur de l’Association (2,16/match). Son arsenal est complet… Le tout avec une classe, une élégance et un goût du spectacle qui en font un joueur spécial, l’un des plus agréables à voir jouer.


Brillant sur le parquet, discret et pieux en dehors

Si son côté «showman», ses yeux bleus et ses performances sur le parquet pourraient suffire pour expliquer sa cote de popularité, Stephen Curry a en plus tout du gendre idéal. Une bouille de bébé, une foi chrétienne largement assumée et une vie de famille bien rangée avec sa femme Ayesha, leur fille Riley et bientôt un deuxième enfant. Régulièrement cité pour sa simplicité, sa modestie et sa vie normale, Curry semble n’avoir aucun défaut, aucune aspérité. Rappelons que son père, Dell Curry, lui aussi spécialiste du tir longue distance, a joué en NBA durant 16 années (11,7 pts, 40,2% à 3 pts entre 1986 et 2002). Un cadre familial structurant, un père capable de lui éclairer le chemin du professionnalisme et de lui transmettre la passion du jeu, du tir…

Stephen Curry avait vraiment tout pour réussir. Mais si c’était si simple, son frère Seth, 24 ans, aurait suivi le même parcours. Or, ce dernier, issu de la fac de Duke et non drafté en 2013, brille actuellement… en D-League. Il trône d’ailleurs en tête du classement des meilleurs marqueurs de la NBDL avec 23,9 points de moyenne, 48,4% à longue distance, 4,3 rebonds et autant de passes décisives, lui qui ne compte que deux matches NBA à son «palmarès». A noter que leur jeune sœur Sydel joue pour sa part au volley à Elon University. En résumé, Stephen Curry est une «superstar» normale. Le tout avec une taille qui le rapproche du commun des mortels (1,91m, 86k), contrairement aux autres géants de la Ligue.


Golden State taillé pour le titre ?

Reste à savoir s’il parviendra à hisser les Warriors au sommet. A priori, Golden State a les atouts pour rêver en termes de personnel sur le terrain, de staff et d’alchimie. Du moins si Andrew Bogut, dont on connait la fragilité physique, parvient à rester éloigné de l’infirmerie sur la fin de saison. Un intérieur de plus ne serait toutefois pas du luxe. On pense notamment à Jermaine O’Neal, qui présente le double avantage d’être libre et de connaître le groupe. Des joueurs comme Kevin Garnett ou Amar’e Stoudemire pourraient quant à eux être libérés par Brooklyn et New York dans les semaines à venir. Nul doute que les dirigeants de Golden State se pencheraient sur leur cas si la situation se présentait. En attendant, ils ont la chance de disposer d’une superstar dans la fleur de l’âge avec Steph Curry. En fait, ils en ont deux avec Klay Thompson, moins «flashy» que son comparse, moins créateur, mais meilleur défenseur et tout aussi dangereux en attaque. Les «Splash Brothers» ont de l’avenir. Les Warriors aussi.

Les sélections pour le All Star Game :

Sélection de l’Est :
Titulaires : John Wall (Washington), Kyle Lowry (Toronto) – LeBron James (Cleveland), Pau Gasol (Chicago), Carmelo Anthony (New York).
Remplaçants : Jimmy Butler (Chicago), Jeff Teague (Atlanta), Kyrie Irving (Cleveland), Kyle Korver (Atlanta), Chris Bosh (Miami), Paul Millsap (Atlanta), Al Horford (Atlanta).


Sélection de l’Ouest :
Titulaires : Stephen Curry (Golden State), Klay Thompson (Golden State) – James Harden (Houston), Marc Gasol (Memphis), Kevin Durant (OKC) ou LaMarcus Aldridge (Portland).
Remplaçants : Russell Westbrook (OKC), Chris Paul (L.A. Clippers), Kevin Durant (OKC) ou LaMarcus Aldridge (Portland), Tim Duncan (San Antonio), DeMarcus Cousins (Sacramento), Damian Lillard (Portland)


Blessés : Kobe Bryant (L.A. Lakers), Blake Griffin (L.A. Clippers), Dwyane Wade (Miami), Anthony Davis (La Nouvelle Orléans)

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