Edwin Jackson vit des jours difficiles en Espagne

Transféré en décembre dernier à Barcelone, Edwin Jackson a du mal à s'imposer dans le club espagnol, au point d'être passé au second plan avec l'éclosion du jeune Croate Mario Hezonja. Une situation qu'il a rarement connue dans sa carrière.

Deux mois après avoir signé à Barcelone, Edwin Jackson, médaillé de bronze au Mondial 2014 avec l'équipe de France, vit des jours difficiles en Espagne. Parti de l'ASVEL pour jouer un rôle majeur dans une équipe privée coup sur coup de Juan Carlos Navarro, Alex Abrines puis Brad Oleson, le fils de Skeeter Jackson avait connu une première remarquée sous ses nouvelles couleurs face au Real Madrid (76-68): 31 minutes de jeu, 8 points, un tir de loin capital à 73-65. Le scénario idéal, après seulement une semaine d'entraînement. De quoi lui offrir un boulevard pour faire ses preuves en attendant que l'infirmerie ne se vide.

Une découverte suffisamment réussie pour faire dire au meilleur marqueur de la Pro A en 2013-2014 qu'il comptait bien s'installer durablement dans la rotation de son coach Xavi Pascual. «J'ai dit que je n'étais pas venu ici pour faire de la figuration, avait lancé Jackson. Il y a des gens qui doutaient mais je pense qu'eux (les dirigeants barcelonais) voient quelque chose en moi et je vais jouer mon basket». Et d'ajouter: «Bien sûr, quand les autres vont revenir, mon temps de jeu va diminuer dans la rotation.»


14 secondes face à Galatasaray, des statistiques en baisse

Le natif de Pau était loin de se douter à quel point il aurait raison six semaines plus tard. Le 12 février dernier, pour la réception de Galatasaray en Euroligue, Edwin Jackson a joué...14 secondes. Le temps d'une défense pour ensuite voir ses coéquipiers s'imposer avec une marge plutôt confortable (82-70). Plus globalement, il passe moins de temps sur les parquets depuis plusieurs matches. Onze puis treize minutes sur ses deux dernières sorties en Liga. Difficile de prendre confiance pour un joueur de son profil, petit (1,90m), explosif et shooteur de loin.

Ses statistiques personnelles en ont logiquement pris un coup et sont bien loin de ce qu'il avait l'habitude de produire les saisons précédentes en Championnat de France. Seule éclaircie au milieu de ces chiffres: Jackson n'a rien perdu de son adresse à trois points et tourne à 52% de réussite, pour plus de deux tirs primés tentés en moyenne par match.


Une concurrence impitoyable

8 joueurs se disputent les 3 postes extérieursDéjà ciblée en décembre par l'international tricolore, la problématique d'un temps de jeu réduit s'est accentuée avec les retours d'Oleson et de Navarro en février. Ils sont désormais huit joueurs, et pas des moindres, pour trois places chez les extérieurs: Huertas, Abrines, Navarro, Satoransky, Thomas, Oleson, Hezonja et donc Jackson. L'éclosion récente du Croate Mario Hezonja n'a pas arrangé les affaires de l'ancien Villeurbannais. Plus jeune (19 ans contre 25 pour Jackson), Xavi Pascual lui a plus facilement laissé sa chance. Hezonja l'a saisie avec un impeccable 8 sur 8 à trois points face à Manresa (en 23 minutes). Face au Real Madrid en Euroligue, c'est lui qui s'en est le mieux sorti avec 22 points (contre 8 pour Jackson). Dimanche dernier, Hezonja a débuté dans le cinq de départ (16 pts en 21 minutes) tandis que le Français n'a pu s'exprimer (5 points et 5 fautes en 13 minutes).

Si une amélioration à court terme est difficile à envisager, le principal intéressé continue tout de même de s'accrocher, comme en témoignent ses messages sur les réseaux sociaux dans la foulée de matches où il a été très peu utilisé. L'enchaînement des rencontres et la phase retour du Top 16 de l'Euroligue pourraient lui permettre de vivre des jours meilleurs, à condition que Xavi Pascual lui en donne l'opportunité.

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