LeBron James se sent mieux

LeBron James est de retour à son meilleur niveau et Cleveland s'en porte déjà mieux. Mais la route reste longue pour des Cavs seulement sixièmes de la conférence Est.

Un port de tête, une posture en disent souvent bien plus qu’un long discours. Dimanche, LeBron James arborait l'attitude savamment étudiée de l'homme en mission, qu'absolument rien ne peut faire dévier, lors des quatre minutes passées face à la dizaine de journalistes regroupée dans un coin des Clinic Courts, le centre d'entraînement des Cavs. A Independence, bourgade plantée à un quart d'heure plein sud du centre-ville de Cleveland, le King, qui sortait d'une séance de travail d'une heure et demie, baissait la tête, regard fixé vers un point imaginaire, bras croisés dans le dos.

Tout indiquait dans ce langage corporel qu'il ne se satisfaisait (vraiment) pas des deux victoires que venait d'obtenir son équipe à Los Angeles, l'une jeudi contre les Lakers après s'être longuement amusé avec Kobe Bryant (109-102), l'autre sans doute plus significative le lendemain face aux Clippers (126-121). «Je ne sais pas si ça nous a permis d'engranger de la confiance», répondait James à une question, sans savoir que celle-ci faisait référence à des propos tenus juste avant par David Blatt. «Ce ne sont pas deux matches qui peuvent faire basculer une saison. Mais en termes de confiance accumulée, c'est très positif», avait apprécié le coach des Cavaliers.

«Je me suis senti mieux lors de ces trois matches que lors de tout le reste de la saison»


Pour Blatt, entraîneur débutant en NBA dont la vie à la tête d'une telle superspuissance est une ôde à la précarité, ces deux succès sont un grand bol d'air. Avant cela, l'équipe restait sur six défaites, dont cinq sans James, et avait un bilan négatif (19-20). Touché au bas du dos et au genou gauche, l'ancien joueur du Heat avait obtenu la permission de s'envoler pour Miami, loin de la neige qui somnole au bord des routes de l'Ohio. Il y a soigné ses douleurs avec son coach personnel Mike Mancias, ancien assistant de Tim Grover, le préparateur physique de Michael Jordan. Il en est revenu en forme supersonique, signant trois matches à plus de 30 points pour ses trois premières sorties et agrégeant des actions d'éclat.

«Le point le plus important de ce road trip (les Cavs viennent de jouer cinq matches de suite à l'Ouest du pays) était de voir LeBron revenir et de s'apercevoir que deux semaines sans jouer lui ont fait du bien. Physiquement il a l'air bien et il a été très bon dans le jeu», se réjouissait Blatt. James est allé plus loin : «Je me suis senti mieux lors de ces trois matches que lors de tout le reste de la saison, lors des 30 et quelques que j'avais joués jusque là». Reste pour les Cavs à récupérer Kevin Love, qui n'a pas joué face aux Clippers (dos). Un point sur lequel Blatt semblait raisonnablement optimiste en vue de la réception des Bulls - sans Joakim Noah, toujours blessé (cheville) - ce lundi.

«Je suis impatient de voir ce que l'on peut donner avant la coupure du All Star Game»

Dimanche, Love a enchaîné les shoots extérieurs alors que sur le terrain d'à côté, Larry Nance et Campy Russell, deux anciens All Stars restés au club, se montraient ce qui leur restait de mouvements d'intérieurs et que la récente recrue Timofey Mozgov suait sous les ordres de "l'Ukraine Train" Vitaly Potapenko. Le pivot russe, comme l'ancien Knick JR Smith, sont encore en phase d'adptation. «Il y a eu des joueurs blessés, des nouveaux joueurs. Mais nous sommes de nouveau ensemble et nous sommes une meilleure équipe, c'est évident», veut croire Blatt.


«Je suis impatient de voir ce que l'on peut donner avant la coupure du All Star Game (13-19 février) et même au delà», confie James sans se départir d'un sérieux intense qu'il ne dégèlera d'un rire qu'une fois entamé le chemin vers la salle de musculation. La période qui s'ouvre est donc favorable avec un seul match à l'extérieur jusqu'au 31 janvier, chez le voisin Detroit, et des tests intéressants (OKC le 25, Portland le 28). Il ne faudra pas en laisser beaucoup en route afin de recoller au Top 4 de la conférence Est, qui aura l'avantage au premier tour des play-offs et qui compte aujourd'hui plus de cinq longueurs d'avance. La remontée passe déjà par une victoire sur les Bulls car les quatrièmes, ce sont eux.

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